Samedi 18 juillet 2026, un panel sur les enjeux de l’aquaculture au Sénégal s’est tenu à Dakar, organisé par l’Amicale des étudiants de l’Institut universitaire de pêche et d’aquaculture (AE-IUPA). L’expert Abdoulaye Thioune y a présenté ce secteur comme un levier stratégique pour la souveraineté alimentaire et l’emploi.
Le Sénégal fait face à un paradoxe : bien que riche en ressources aquatiques, il peine à satisfaire une demande croissante en poisson, principale source de protéines animales. La pêche de capture, surexploitée et affectée par le changement climatique, atteint ses limites. L’aquaculture, dont la production mondiale a dépassé celle de la pêche en 2022, apparaît comme une réponse, a-t-il expliqué, rapporte l’APS.
Pour y parvenir, le pays dispose d’atouts majeurs : plus de 700 kilomètres de littoral, les fleuves Sénégal, Gambie et Casamance, et des écosystèmes propices. Mais des contraintes techniques, financières et organisationnelles freinent l’exploitation de ces ressources.
Des initiatives concrètes existent déjà. En juin 2026, le projet PROVALE-CV a fait visiter une unité d’alevins à Thiès capable de produire 10 millions d’individus par an – elle en produit actuellement 2 millions. En novembre 2025, une commission consultative de 20 membres a été installée pour épauler le ministre chargé de l’Aquaculture et renforcer la productivité du secteur.
Abdoulaye Thioune a plaidé pour des investissements accrus dans la recherche, l’innovation, la biosécurité et la formation des ressources humaines, afin de libérer le potentiel de la filière et offrir des opportunités d’entrepreneuriat aux jeunes. Le Sénégal s’est fixé comme cap une production aquacole de 20 000 tonnes d’ici 2030, contre 3 000 tonnes actuellement.
