Dans un duel hypothétique Diomaye–Sonko en 2029, la clé ne serait probablement pas de battre Sonko sur le terrain militant, mais de convaincre une majorité de Sénégalais que Diomaye est le mieux placé pour garantir à la fois la stabilité, les réformes et les résultats économiques. Les analyses récentes soulignent d’ailleurs que la création du nouveau parti semble viser l’élargissement de sa base au-delà du noyau historique de Pastef, notamment auprès des élus locaux et d’autres forces politiques.
1. L’approche de rupture et d’affrontement de Sonko contre une approche d’apaisement et de rassemblement de Diomaye
Depuis plus de dix ans, Sonko a construit son image sur la dénonciation des élites traditionnelles, la confrontation avec l’ancien système, la mobilisation populaire, la pression politique permanente et un discours de rupture radicale.
Cette méthode a été très efficace pour conquérir le pouvoir car elle a permis de fédérer les frustrations d’une grande partie de la jeunesse et de l’opposition.
Pour ce qui est du PR Diomaye, il doit gérer l’État, l’administration, les partenaires internationaux, les investisseurs, les collectivités locales et les différentes sensibilités politiques.
Dans cette logique, il devra chercher à apparaître comme : « Le président de tous les Sénégalais, y compris ceux qui n’ont pas voté pour lui. »
C’est ce qu’on pourrait appeler une stratégie de réconciliation nationale.
2. Pourquoi une stratégie de réconciliation nationale peut être gagnante pour Diomaye?
Après plusieurs années de tensions politiques, d’arrestations, de manifestations et de fortes divisions, une grande partie de la population aspire davantage à la stabilité qu’à la confrontation permanente.
Le message de la mouvance présidentielle pourrait être le suivant :« Nous avons gagné la bataille politique. Maintenant, nous devons gagner la bataille du développement, la bataille économique »
Dans ce scénario, Diomaye se présenterait comme le bâtisseur, le réconciliateur, le gestionnaire et garant de l’unité nationale.
Que signifie concrètement la réconciliation nationale ?
Sur le plan politique : il s’agira de créer un dialogue avec l’opposition, les anciens régimes, la société civile, les syndicats et les collectivités territoriales. L’objectif serait de réduire les fractures politiques.
Sur le plan social : il faudra mettre en avant la paix sociale, le dialogue avec les jeunes, l’inclusion des régions et la cohésion nationale.
Sur le plan économique : il faut rassurer les entrepreneurs, la diaspora, les investisseurs et les partenaires économiques.
L’idée étant que la stabilité attire davantage d’investissements et crée plus d’emplois.
3. Ce qu’Il faut éviter : une stratégie anti-Sonko
Une erreur stratégique pour Diomaye serait de construire un discours basé uniquement sur l’opposition à Sonko.
Pourquoi?
Parce que Sonko conserve une forte influence militante et symbolique au sein d’une partie importante de l’électorat patriotique.
Le discours de Diomaye ne devrait donc pas être orienté dans le sens d’une dualité avec Sonko, mais plutôt tourné vers l’idée d’une nouvelle étape pour le Sénégal
4. Quel axe du discours du pouvoir?
Le narratif potentiellement le plus efficace pour 2029 devrait être que Sonko a incarné le combat et permis l’alternance, mais que Diomaye consolide les acquis, rassemble les Sénégalais, obtient des résultats et prépare le Sénégal prospère de 2050.
Ainsi, l’histoire commune de Diomaye avec Sonko n’est pas reniée et il imprime sa propre trajectoire politique pour rentrer dans l’histoire.
L’axe d’orientation le plus susceptible de séduire est de faire la dichotomie entre la phase de combat qui est désormais derrière nous, et le temps de la construction du Senegal qui doit être la priorité. Cet axe est probablement celui qui séduirait les classes moyennes, les élus locaux, les entrepreneurs, la diaspora, les électeurs modérés et une bonne partie des sympathisants de Pastef souhaitant plus de se tourner vers des résultats économiques que d’être des partisans du messianisme.
Dans cette logique, la réconciliation nationale ne serait pas un abandon du projet patriotique, mais sa transformation en projet de gouvernement durable.
*Coalition Diomaye Canada
