Au Sénégal, le mobile money s’est imposé comme un mode de paiement incontournable, dépassant même certaines opérations bancaires classiques. Mais pour les transactions internationales et l’intégration avec l’écosystème financier mondial, des défis subsistent. C’est dans ce contexte que Visa a confié, il y a un an, la direction de sa stratégie pour l’Afrique de l’Ouest et centrale à une Sénégalaise : Aminata Kane Ndiaye.
Passée par les télécoms et la tech avant de rejoindre le géant américain du paiement, Aminata Kane a pour mission de « lancer une nouvelle dynamique sur le continent, en intégrant les portefeuilles numériques, les fintechs ». Concrètement, il s’agit de connecter les solutions de Visa aux opérateurs téléphoniques et aux start-up locales pour accélérer la transition vers le cashless.
Un marché sénégalais en effervescence
L’enjeu est de taille. Le Sénégal a récemment instauré une taxe de 0,5 % sur les transferts d’argent, entrée en vigueur en décembre 2025, pour capter une part de ce flux financier colossal. Parallèlement, des acteurs comme Wave ont lancé en janvier 2026 une solution permettant des achats en ligne internationaux sans compte bancaire, en partenariat avec des leaders du secteur. Ces évolutions illustrent l’appétit des Sénégalais pour les services numériques et la concurrence intense sur ce créneau.
Pour Aminata Kane, le défi consiste à positionner Visa non pas en concurrent, mais en facilitateur d’un écosystème où les fintechs et les telcos occupent déjà le terrain. Selon Jeune Afrique, qui a dressé son portrait, la dirigeante éclectique mise sur des partenariats inédits pour intégrer les portefeuilles numériques aux réseaux de paiement internationaux de Visa.

