Le supposé contentieux de 55 millions de dollars sur le bloc gazier Yakaar-Teranga est contesté par l’ancien directeur général de Petrosen, Alioune Guèye. Dans une tribune, il répond aux déclarations du Premier ministre Ahmadou Al Amine Lô sur le retrait de Kosmos Energy.
Alioune Guèye soutient que cette somme ne correspond pas à une créance de l’État. Il affirme que les travaux prévus par le contrat ont été exécutés et que plus de 300 millions de dollars ont déjà été investis sur le bloc. Il rejette aussi l’idée d’un effacement par Petrosen d’une dette de la compagnie américaine, estimant que l’accord de retrait a maintenu les droits de l’État.
La controverse autour des 55 millions est également au cœur de la réponse d’Alioune Guèye. Il conteste la lecture donnée par le Premier ministre à une lettre datée du 1er juin, signée par le ministre sortant de l’Énergie. Selon lui, ce courrier ne constate pas un « manquement grave », mais traduit plutôt un désaccord sur la qualification juridique de la somme. Cette tribune a été relayée par Senegal7.
Le retrait de Kosmos intervient alors que la compagnie détient 90 % de Yakaar-Teranga, contre 10 % pour Petrosen, et que son permis doit expirer en juillet 2026. Le ministre de l’Énergie, Birame Souleye Diop, a annoncé la volonté de l’État de nationaliser le projet afin de donner la priorité à l’approvisionnement du marché domestique. Cette perspective donne à la controverse financière une portée plus large : elle porte aussi sur le contrôle d’un projet gazier stratégique et sur les conditions de sa reprise par l’État.
Alioune Guèye interroge par ailleurs le gouvernement sur l’absence de mise en demeure adressée à Kosmos Energy et sur l’éventuel appel d’une garantie prévue dans le contrat.
Alioune Guèye se dit prêt à répondre.
