Yakaar-Teranga : Alioune Gueye conteste les 55 millions réclamés après le retrait de Kosmos

Lors de sa Déclaration de politique générale à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a évoqué le retrait de Kosmos du bloc Yakaar-Teranga. Selon lui, l’État du Sénégal aurait pu recouvrer 55 millions de dollars, soit environ 30 milliards de francs CFA.

Visé par ces déclarations, l’ancien directeur général de Petrosen Alioune Guèye a publié un droit de réponse sur sa page Facebook. Il affirme avoir répondu « point par point » aux accusations du chef du gouvernement, notamment sur l’accord de retrait qu’il avait signé.

Dans cette réponse relayée par Kewoulo, Alioune Gueye retrace les échanges entre Petrosen, Kosmos et le ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines.

Une chronologie centrée sur l’arrêté ministériel

Le 22 avril 2026, Petrosen et Kosmos ont signé un accord conjoint après des négociations entamées en août 2024. L’ancien responsable indique que le document prévoyait une seule formalité pour rendre le retrait effectif : la publication d’un arrêté ministériel.

Le même jour, le Premier ministre avait annoncé publiquement une « victoire majeure » et précisé que le retrait devait être validé par arrêté.

Deux jours plus tard, Kosmos, en tant qu’opérateur, a écrit au ministre pour notifier la renonciation conjointe. La société a transmis l’accord signé, demandé son approbation par arrêté et pris l’engagement de transférer les données prévues par le contrat.

Le 15 mai, le ministre n’a pas signé l’arrêté. Il a demandé à Kosmos un état détaillé de ses dépenses ainsi qu’un calcul portant sur le solde des 55 millions de dollars. Une demande similaire a été adressée à Petrosen concernant les données reçues et le calcul de ce montant.

Le 19 mai, Alioune Gueye a répondu que cette réclamation lui semblait dépourvue de base juridique. Il estime que l’accord préservait les droits de l’État sans créer automatiquement une créance, et que les travaux prévus par le contrat avaient été réalisés.

Un désaccord sur l’interprétation du contrat

Pour Alioune Gueye, les 55 millions de dollars correspondent à un engagement minimum de dépenses prévu par un décret du 13 mars 2024, et non à une somme directement due à l’État. Il soutient qu’un seuil de dépenses ne constitue pas une créance.

L’ancien directeur général affirme également que les opérations prévues ont été effectuées, notamment les puits Teranga-1, Yakaar-1 et Yakaar-2 ainsi qu’une campagne de sismique 3D. Il chiffre à plus de 300 millions de dollars les investissements réalisés, désormais propriété du Sénégal.

Son argumentaire s’appuie sur les articles 18 et 19 de la loi n° 98-05. Il en retient que le titulaire doit accomplir un programme minimum de travaux et qu’une indemnité peut être due lorsque ces obligations ne sont pas remplies. Il conteste donc l’interprétation selon laquelle toute dépense non réalisée à l’échéance devrait être automatiquement versée à l’État.

Alioune Gueye indique que le ministre lui a répondu le 1er juin, en reconnaissant le caractère légitime de sa démarche et le fait que sa première lettre était destinée à Kosmos. Le ministre a toutefois maintenu son désaccord sur les 55 millions et précisé que cette question relevait du ministère des Finances.

Le 1er juin 2026, cette correspondance a été transmise au président de la République, au Premier ministre et au ministre des Finances.

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