Les mutilations génitales féminines exposent les femmes à des douleurs pendant les menstruations et les rapports sexuels, ainsi qu’à des infections, des fistules et des complications lors de l’accouchement. Certaines en meurent. Dans le monde, plus de 200 millions de femmes sont concernées et une jeune fille est victime de l’une de ces pratiques toutes les dix secondes.
En Casamance, Adama Diallo a choisi d’agir à partir de son entourage. À Kolda, la coordinatrice des Jeunes filles leaders s’appuie sur les clubs de jeunes filles, déjà engagés dans la protection et l’éducation des élèves. Adama Diallo mène la lutte contre l’excision en commençant par sa maison, ses convictions et la sensibilisation de sa communauté.
Elle explique que le dialogue avec les proches n’a pas été simple. Après l’apparition d’un cas de mutilation génitale féminine, elle a sensibilisé les femmes de sa famille. Avec ses petites sœurs, elle a pris l’engagement de ne pas les faire exciser. Ces dernières participent ensuite aux activités menées dans la communauté.
La méthode repose notamment sur les visites à domicile. Dans certaines communautés, les mutilations génitales féminines restent un sujet tabou, défendu au nom de la tradition et de la culture. Les échanges commencent donc par l’écoute des familles, avant l’utilisation d’arguments tirés de formations médicales et religieuses. Le travail est soutenu par l’ONG Amref Health Africa et son projet « Devenir », consacré à la réduction des mutilations sexuelles féminines chez les filles âgées de 0 à 14 ans au Sénégal.
Les imams, les oulémas et le personnel médical sont aussi invités lors des grandes activités de sensibilisation. Adama Diallo estime que la loi est rarement utilisée dans les discussions de proximité. Dans certaines zones frontalières, elle affirme qu’il est possible de contourner les frontières et les dispositions légales, tandis que les communautés sont davantage convaincues par les échanges directs.
La situation des exciseuses constitue un autre volet du travail. Adama Diallo souligne que cette activité représentait autrefois un moyen de subsistance et un statut dans la communauté. Elle défend désormais des stratégies permettant à ces femmes de devenir autonomes, tout en les associant aux décisions et aux discussions communautaires.
En mai 2026, les coalitions de Kolda, de Bafata en Guinée-Bissau et de Janjanbureh en Gambie ont renforcé un mécanisme de protection transfrontalier visant l’abandon des mutilations génitales féminines d’ici 2030.
Le témoignage d’Adama Diallo a été recueilli par dw.com.
