Comment se reconstruire après l’excision ? À l’hôpital Abass Ndao de Dakar, une mission de chirurgie réparatrice apporte une réponse à la fois médicale et psychologique. Du 17 au 19 juillet 2026, cinquante femmes ont été opérées avec le concours d’une association caritative ivoirienne, rapporte l’Agence de Presse Sénégalaise (APS). Mais bien avant de passer au bloc, les patientes participent à des groupes de parole animés par des sages-femmes, psychologues et sexologues. « Nous ne préparons pas seulement une opération, nous accompagnons une femme dans tout son parcours », explique Louise Mendy Gomis, sage-femme senior à Abass Ndao.
Ces moments d’échange permettent aux victimes de briser un long silence. Beaucoup évoquent des années de douleurs physiques et de blessures invisibles. « L’excision a failli briser mon ménage. Je n’ai jamais connu le plaisir charnel et je souffrais à chaque moment d’intimité avec mon époux », confie une patiente, mère de famille, opérée le week-end dernier. Une autre, jeune dakaroise excisée à l’âge de quatre ans, se dit « bien dans sa peau » après l’intervention. Toutes partagent un même espoir : retrouver une vie épanouie.
Le docteur Raymond Alipio, chef de la maternité, insiste sur le fait que la chirurgie n’est pas une greffe, mais une mobilisation des tissus existants. Il précise que certaines femmes vivent sans complications majeures et n’ont pas besoin d’opération. La demande reste forte : quatre cents femmes figurent actuellement sur la liste d’attente du service.
