L’hôpital Abass Ndao de Dakar a réalisé une performance remarquable dans la prise en charge des mutilations génitales féminines (MGF). En trois jours, du vendredi 17 au dimanche 19 juillet 2026, cinquante femmes ont été opérées dans le cadre d’une mission de chirurgie réparatrice, a annoncé le docteur Raymond Alipio, médecin-chef de la maternité.
Cette mission, qui se poursuit jusqu’au 24 juillet, a été menée avec le concours d’une association caritative ivoirienne composée de chirurgiens et d’anesthésistes. Selon l’Agence de Presse Sénégalaise (APS), cette organisation a assuré le financement intégral des interventions et a opéré aux côtés des équipes sénégalaises, favorisant ainsi un transfert de compétences.
L’établissement dispose d’un centre spécialisé offrant une prise en charge complète : accompagnement psychologique, suivi sexologique et groupes de parole précèdent toute décision chirurgicale. Le docteur Alipio précise que toutes les patientes ne sont pas opérées, certaines retrouvant un mieux-être après ces consultations. Parmi les complications traitées figurent les kystes clitoridiens, les fistules et les fibroses. Selon pressafrik, cette approche intégrée fait de l’hôpital Abass Ndao une référence en la matière dans la sous-région.
Les besoins restent néanmoins importants. Plus de 400 dossiers de patientes sont actuellement en attente d’une chirurgie. L’hôpital ambitionne d’opérer entre 350 et 450 femmes par an, mais cela exige des ressources financières considérables. Le coût moyen d’une prise en charge complète est estimé à 253 000 FCFA, couvrant consultations, examens, intervention, hospitalisation, médicaments et accompagnement spécialisé.
En février 2026, à l’issue d’un colloque international, le docteur Raymond Alipio avait lancé un appel vibrant en faveur de la gratuité totale des soins pour les victimes de MGF. Une demande toujours d’actualité face aux moyens limités de l’hôpital. Les interventions chirurgicales durent entre 30 minutes et une heure et demie selon la complexité des cas, et les patientes quittent généralement l’établissement 24 heures après l’opération, précise le médecin.
