Kolda : journée de plaidoyer et engagement municipal pour la santé des jeunes

Comment améliorer l’accès des adolescents et des jeunes aux services de santé reproductive à Kolda, alors que leur fréquentation reste faible ? Une journée de plaidoyer a réuni vendredi 14 août les autorités administratives, politiques et locales autour de cet enjeu.

La rencontre s’inscrit dans le projet Dambe Funds Sahel « Respecter mon corps, garantir mes droits ». L’initiative est financée par le consortium CAEB-Ebenezer International, à travers une subvention destinée à soutenir les organisations de la société civile engagées pour la santé des jeunes en Afrique de l’Ouest francophone et au Sahel. Selon pressafrik, cette rencontre vise à renforcer l’accès des jeunes aux services concernés.

Le plaidoyer sur la santé reproductive à Kolda intervient dans un contexte où le système de santé propose différents services aux jeunes, mais où leur recours demeure limité. Les services existent, mais restent peu fréquentés par les jeunes. Bounama Diop, point focal du projet et responsable du Réseau des jeunes pour la promotion de l’abandon des mutilations génitales féminines et des mariages d’enfants, évoque le manque de ressources et d’informations sur les prestations disponibles. Il cite également les tabous et les pesanteurs sociales.

Ces obstacles touchent aussi les adolescentes et les femmes handicapées, dont l’accès aux services de santé de la reproduction, à l’éducation et à la justice nécessite des réponses adaptées. À Kolda, le Centre de conseils pour adolescents (CCA), avec l’appui de Humanité & Inclusion (HI), a organisé une formation de cinq jours consacrée à leurs droits. Cette démarche vise à renforcer leur inclusion et rappelle que l’amélioration de l’accès aux services passe aussi par la prise en compte des situations de handicap.

Pour le responsable du projet, la journée doit contribuer à rapprocher les adolescents et les jeunes des ressources et services concernés. À l’ouverture, Bécaye Souané, directeur régional de la Jeunesse et des Sports, a estimé que cette démarche pouvait renforcer leur protection face aux mariages d’enfants, aux grossesses précoces, aux mutilations génitales féminines et aux violences basées sur le genre.

Les autorités municipales ont aussi marqué leur soutien. La première adjointe au maire de Kolda, Kadiatou Thiam Danfa, s’est engagée à porter la question devant le conseil municipal. Elle prévoit notamment de défendre l’inscription d’une ligne budgétaire consacrée à la santé reproductive et à la prise en compte des besoins des jeunes dans les politiques locales.

Les organisations de la société civile, les services techniques et les collectivités territoriales souhaitent ainsi travailler ensemble pour réduire les obstacles à l’accès aux prestations. Kadiatou Thiam Danfa prévoit de plaider pour une ligne budgétaire dédiée à la santé reproductive au sein du conseil municipal.

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