L’association Deboma, active dans la santé, l’éducation et la protection des filles, a organisé une journée de sensibilisation sur l’hygiène menstruelle samedi à Richard-Toll, avec le soutien de partenaires institutionnels et communautaires. L’objectif était de lutter contre les tabous entourant les règles en misant sur l’information et l’éducation, comme l’a rapporté l’APS.
Des jeunes filles, des autorités locales, des Badiénou Gokh (relais communautaires) et des leaders religieux ont participé aux échanges sur la santé reproductive et la gestion de l’hygiène menstruelle. « Voir les autorités, les acteurs communautaires et les leaders religieux répondre à notre appel montre que cette cause est désormais une préoccupation partagée », s’est félicitée Cécile Mendy Sarr, représentante de Deboma.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte plus large : à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, l’Amicale des étudiantes de la faculté des Lettres et Sciences Humaines avait déjà organisé une journée de santé menstruelle bénéficiant à 37.000 étudiantes, avec distribution de kits. Un signe que les besoins sont immenses et que la mobilisation s’accroît pour briser le silence.
Selon Cécile Mendy Sarr, bien connaître l’hygiène menstruelle aide à éviter certaines infections liées à une mauvaise gestion des règles et renforce l’estime de soi des adolescentes. « Nous travaillons à faire parvenir les bonnes informations aux jeunes filles, qu’elles soient déjà en âge de puberté ou qu’elles s’y préparent », a-t-elle expliqué.
Lors de la rencontre, des kits d’hygiène menstruelle ont été remis à des jeunes filles ayant des difficultés d’accès aux protections périodiques. Cependant, la responsable associative a souligné que la précarité menstruelle se combat d’abord par un effort continu de sensibilisation et d’éducation. « Chaque année, des filles entrent dans la puberté. Il est donc nécessaire de poursuivre les efforts pour qu’elles disposent des informations et des moyens leur permettant de gérer leurs menstruations dans la dignité », a-t-elle déclaré.
Deboma prévoit d’étendre ses actions aux collèges et lycées et de mettre en place des ateliers de fabrication de serviettes hygiéniques réutilisables, pour favoriser l’autonomie des jeunes filles. « Notre ambition est que chaque fille sache ce que sont les règles, comprenne les bonnes pratiques d’hygiène et puisse transmettre ces connaissances autour d’elle », a conclu Cécile Mendy Sarr.
