Trente-six Africains expulsés des États-Unis vers le Cameroun ont saisi le tribunal administratif de Yaoundé en vue d’obtenir la suspension de l’accord migratoire entre Yaoundé et Washington, a annoncé leur avocat, Me Joseph Fru Awah, dans un communiqué transmis à l’AFP mercredi 5 juillet.
Ces expulsions, intervenues entre janvier et mai 2026, s’inscrivent dans le cadre d’un dispositif américain controversé permettant d’envoyer des étrangers en situation irrégulière vers des pays tiers. Les 36 requérants, originaires de neuf pays dont la RDC, le Ghana, l’Angola, l’Éthiopie, la Sierra Leone, le Kenya, le Sénégal, le Zimbabwe et le Maroc, étaient protégés par la justice américaine contre un renvoi vers leur pays d’origine. Ils risquent désormais d’y être expulsés depuis le sol camerounais.
Un accord à 30 millions de dollars
L’accord migratoire avec les États-Unis, que les plaignants veulent voir suspendu, a été conclu sous l’administration Trump avec l’accord du président Paul Biya. Début 2026, le New York Times a révélé que Washington s’était engagé à verser 30 millions de dollars au Cameroun pour l’accueil de migrants expulsés, des fonds orientés vers le Haut-Commissariat aux réfugiés. Jeune Afrique avait déjà fait état de cet accord controversé dans son édition du mois de mars. Le Cameroun est l’un des pays africains ayant accepté de recevoir des personnes expulsées des États-Unis, aux côtés notamment du Ghana, du Rwanda et de la RDC.
Depuis leur arrivée à Yaoundé, les 36 migrants vivent dans un centre géré par les autorités camerounaises en lien avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Selon Me Awah, ils sont « privés de documents d’identité et de statut légal clair » et « sujets à des restrictions de déplacement ».
La procédure vise à leur permettre de demander la protection juridique du Cameroun pour y séjourner légalement et surtout éviter toute nouvelle expulsion. « Le Cameroun ne peut être utilisé comme un pays de transit pour renvoyer des personnes vers la persécution ou la torture », a dénoncé l’avocat auprès de l’AFP.
