Violences xénophobes en Afrique du Sud : Gorée Institute interpelle l’Union africaine et les Nations Unies

Gorée Institute tire la sonnette d’alarme face à la détérioration de la situation en Afrique du Sud. Dans une déclaration exploitée par Senego, le centre panafricain de recherche, de dialogue et d’action exprime sa « profonde préoccupation » devant la recrudescence des violences xénophobes visant les migrants, les réfugiés et les demandeurs d’asile, tout en appelant à une mobilisation des institutions africaines et internationales.

Dans son communiqué, l’institut dénonce une multiplication des expulsions forcées, des discours de haine, des actes de vigilantisme ainsi que des violations répétées des droits fondamentaux. Il s’inquiète également des informations faisant état d’attaques ciblées contre des ressortissants africains, de déplacements forcés de populations, de destructions de biens et d’un climat d’impunité qui, selon lui, menace l’État de droit, la cohésion sociale et les valeurs démocratiques de l’Afrique du Sud et de l’Union africaine.

Pour Gorée Institute, cette crise dépasse largement les frontières sud-africaines. Elle met à l’épreuve le projet panafricain, fragilise la solidarité entre les peuples africains et compromet les principes de libre circulation, de coexistence pacifique et d’intégration régionale défendus par l’Union africaine. L’organisation estime qu’aucune difficulté économique ou sociale ne peut justifier la stigmatisation de populations vulnérables ou le recours à la violence contre des personnes en raison de leur origine.

Face à cette situation, Gorée Institute condamne fermement toutes les formes de violences xénophobes, de discrimination et d’incitation à la haine. Il appelle les autorités sud-africaines à garantir la protection de toutes les personnes vivant sur leur territoire, à faire respecter l’État de droit et à poursuivre les auteurs de ces violences. L’institut invite également les responsables politiques, les chefs traditionnels, les médias et les plateformes numériques à faire preuve de responsabilité afin d’éviter toute rhétorique susceptible d’alimenter les tensions.

Le centre basé au Sénégal (Gorée) lance par ailleurs un appel à la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), à l’Union africaine, à la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, aux Nations Unies ainsi qu’aux partenaires internationaux. Il leur demande notamment de déployer des mécanismes indépendants d’observation, d’engager un dialogue politique avec Pretoria, de renforcer la protection des personnes déplacées et de soutenir les initiatives de lutte contre la xénophobie et en faveur de la cohésion sociale.

Gorée Institute rappelle enfin que l’Afrique du Sud demeure un symbole de la lutte contre l’apartheid et l’exclusion. Selon lui, cet héritage impose aujourd’hui une responsabilité particulière : préserver une société fondée sur la justice, la diversité, l’égalité et le respect de la dignité humaine. L’institut réaffirme sa disponibilité à accompagner les institutions africaines et les organisations de la société civile dans toutes les initiatives visant à prévenir les violences, promouvoir le dialogue et renforcer des sociétés inclusives et pacifiques.

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