L’Afrique du Sud fait face à une nouvelle poussée de violences xénophobes visant principalement des ressortissants africains, dans un contexte déjà marqué par plusieurs flambées depuis la fin de l’apartheid. Attaques, pillages de commerces, intimidations et restrictions d’accès à certains services figurent parmi les faits rapportés ces derniers mois, alors que les incidents observés en 2025 et 2026 confirment la persistance du phénomène.
Selon les informations rapportées par Sud Quotidien, cette hostilité s’inscrit dans une longue séquence. Le pic le plus meurtrier remonte à 2008, avec plus de 60 morts, avant d’autres flambées relevées en 2015 et 2019. En avril 2026, de nouveaux incidents ont visé des ressortissants étrangers et suscité des réactions diplomatiques, notamment du Ghana, dont des citoyens ont été pris pour cible. Les autorités sud-africaines ont annoncé des mesures répressives.
Dans certaines zones, les violences prennent une forme organisée. Le groupe Operation Dudula est cité parmi ceux qui mènent des actions de type vigilantiste, allant jusqu’à empêcher des migrants d’accéder aux soins ou à l’éducation. Le contexte économique est également mis en avant dans le contenu source : l’Afrique du Sud est confrontée à un chômage élevé, particulièrement chez les jeunes, ainsi qu’à de fortes inégalités. Dans les quartiers populaires, des migrants sont accusés de concurrencer les habitants sur le marché du travail ou dans l’économie informelle, notamment dans les spaza shops, ces petits commerces de proximité où des commerçants somaliens ou éthiopiens sont très présents.
Les ressortissants d’Afrique de l’Ouest, dont des Nigérians, Ghanéens et Sénégalais, ont été explicitement ciblés lors de plusieurs vagues de violences. Le texte source rapporte qu’en mars 2026, une polémique autour de Solomon Ogbonna Eziko, présenté comme « Igwe Ndigbo » de la communauté igbo à KuGompo City, a cristallisé les tensions. Une cérémonie marquant 30 ans de présence de la communauté nigériane locale, relayée sur les réseaux sociaux, a provoqué de vives réactions. Le 30 mars 2026, une manifestation d’abord autorisée et pacifique y a dégénéré : des commerces appartenant à des étrangers ont été visés, tandis qu’au moins une douzaine de véhicules et des bâtiments ont été incendiés.
D’après Sud Quotidien, la pression ne s’exerce pas seulement dans la rue. Le contenu source évoque aussi la situation d’universitaires africains installés en Afrique du Sud, notamment des professeurs, chercheurs, médecins ou ingénieurs venus du Zimbabwe, du Nigeria, de la République démocratique du Congo, du Cameroun ou d’Afrique de l’Est. Ces profils qualifiés, attirés par de meilleures conditions de travail, se heurtent à des formes de xénophobie qualifiées de diffuses, avec des contrats temporaires, des difficultés liées aux permis de séjour et de travail, ainsi qu’une suspicion croissante dans l’espace public et institutionnel.
Le contenu source souligne enfin que les autorités sud-africaines alternent condamnations de principe et réponses jugées inégales dans l’application des lois. Des organisations de défense des droits humains dénoncent, selon ce même document, des défaillances dans la protection des migrants. Plusieurs facteurs sont cités dans le texte : chômage massif, inégalités sociales, tensions autour des services publics, rôle de certains discours politiques et héritage durable de l’apartheid.