Ousmane Sonko condamne les violences xénophobes en Afrique du Sud : « Ce n’est ni du panafricanisme ni de l’humanisme »

Les violences xénophobes qui secouent l’Afrique du Sud depuis plusieurs semaines ont un impact direct sur la diaspora sénégalaise. Dans la province du KwaZulu-Natal, des ressortissants africains sont pris pour cible, souvent à l’arme blanche, par des groupes se réclamant de la communauté zouloue. Un climat de terreur qui a contraint de nombreux commerçants à fermer boutique.

Sur Al Jazeera English, le président de l’Assemblée nationale sénégalaise Ousmane Sonko a vivement réagi, rapporte exclusif. « L’Afrique du Sud a reçu un soutien indéfectible de toute l’Afrique pendant sa lutte contre l’apartheid », a-t-il déclaré, déplorant que le pays de Nelson Mandela soit aujourd’hui le théâtre de telles dérives.

Le leader de Pastef a qualifié ces agressions de « contraires au panafricanisme et à l’humanisme ». « Ce n’est ni du panafricanisme ni de l’humanisme. Ce sont des êtres humains venus simplement travailler », a-t-il insisté. Il a aussi estimé que si un État choisit de ne pas les accueillir, « il existe des moyens beaucoup plus civilisés de traiter cette question », exhortant les autorités sud-africaines à agir.

La communauté sénégalaise, estimée entre 5 000 et 10 000 personnes, est aux premières loges de cette crise. Alioune Tine, figure de la société civile, avait dénoncé le 1er juillet un « véritable enfer » où règne une « xénophobie assumée ». Il a rappelé que Durban, aujourd’hui épicentre des violences, avait accueilli en 2001 la Conférence mondiale contre le racisme.

À Durban justement, un commerçant sénégalais installé depuis quinze ans a dû suspendre toute activité. « Sortir travailler est devenu un risque quotidien », a-t-il confié, résumant la peur qui étreint des milliers d’étrangers.

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