Ukraine : les premiers gains nets de Kyiv depuis deux ans ne représentent que 0,02 % du territoire

En Ukraine, le mois d’avril marque un changement rare dans l’évolution du front. Pour la première fois depuis la contre-offensive ukrainienne de l’été 2023, la Russie a perdu plus de terrain qu’elle n’en a gagné, selon une analyse de l’AFP fondée sur des données de l’Institute for the Study of War (ISW).

D’après Insider Paper, qui relaie cette analyse, Moscou a cédé le contrôle d’environ 120 km² entre mars et avril. L’ISW indique dans le même temps que l’armée ukrainienne a repris environ 40 km² dans chacune des régions orientales de Zaporijjia, Kharkiv et Donetsk. Ces gains nets ukrainiens, les premiers depuis plus de deux ans, restent toutefois limités et représentent seulement 0,02 % du territoire ukrainien.

Selon les données citées, les combats au front restent proches d’une forme d’impasse, tandis que les attaques intenses et meurtrières menées par drones se poursuivent ces derniers mois. Les discussions sur le conflit, conduites sous l’égide des États-Unis, sont par ailleurs à l’arrêt, sur fond de poursuite de la guerre au Moyen-Orient.

L’ISW explique que l’avancée russe ralentit depuis la fin de l’année 2025. Le centre d’analyse américain évoque des problèmes de communication dans l’armée russe, combinés à des contre-attaques ukrainiennes ayant permis à Kyiv de réaliser des percées localisées dans le sud-est. L’organisation ajoute que les frappes ukrainiennes de moyenne portée, le blocage en février 2026 de l’usage par la Russie des terminaux Starlink en Ukraine, ainsi que la limitation de Telegram par le Kremlin, ont aggravé des difficultés déjà existantes au sein des forces russes.

L’ISW souligne aussi un facteur saisonnier. La fonte des sols gelés et les pluies de printemps ont rendu le terrain boueux, compliquant les mouvements mécanisés. Malgré ce recul relatif, des forces russes restaient encore présentes dans environ les trois quarts des zones reprises par l’Ukraine, selon des calculs de l’AFP basés sur les données de l’ISW.

Dans le même temps, la Russie a tout de même conquis plusieurs kilomètres carrés à l’est de Kramatorsk, dans la région de Donetsk, où elle concentre ses efforts. L’analyse précise que les calculs de l’AFP n’incluent ni les opérations d’infiltration, tactique régulièrement utilisée par la Russie avec de petits groupes mobiles derrière les lignes ennemies, ni les avancées revendiquées par Moscou mais non confirmées ou non infirmées par l’ISW. Au total, Moscou occupe un peu plus de 19 % du territoire ukrainien, dont environ 7 % en Crimée ainsi que des zones de Donetsk et de Lougansk déjà sous contrôle russe ou prorusse avant l’invasion de 2022.

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