Quatre ans de guerre entre l’Ukraine et la Russie : le diagnostic livré par Emmanuel Macron devant la coalition alliée

Alors que le conflit russo-ukrainien entre dans sa cinquième année, les alliés de Kiev se sont réunis dans la capitale française pour faire le point sur la situation. À l’ouverture de cette rencontre de la « coalition des volontaires », le chef de l’État français a partagé son évaluation des perspectives de résolution des hostilités face aux délégations présentes.

Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, Emmanuel Macron s’est déclaré « très sceptique » quant à l’éventualité d’une « paix à court terme ». Le président français a justifié cette position en soulignant l’absence de volonté d’aboutir à la paix du côté de Moscou, tout en maintenant qu’il reste pertinent de poursuivre les initiatives de dialogue. Cette intervention a été précédée par un message vidéo du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Ce dernier a affirmé que son homologue russe n’avait « pas atteint ses objectifs » ni « brisé les Ukrainiens », réitérant l’engagement de son gouvernement à œuvrer pour la justice.

Du côté de Moscou, le constat sur l’inachèvement des buts de guerre est partagé, mais justifie la poursuite des combats. Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a confirmé que « les objectifs ne sont pas encore atteints », expliquant ainsi la continuité de ce que la Russie qualifie d’opération militaire spéciale. Sur le terrain, les forces russes maintiennent leur contrôle sur un peu plus de 20 % du territoire ukrainien, une proportion qui n’a pas connu de variation majeure depuis les premiers mois de l’offensive déclenchée le 24 février 2022.

Le bilan humain de ces quatre années d’affrontements s’avère particulièrement lourd. Un rapport du Center for Strategic and International Studies (CSIS), rendu public le 27 janvier, évalue les pertes globales à près de deux millions. Pour la seule partie russe, les estimations font état de plus de 300 000 morts et d’environ un million de blessés ou disparus, bien que ces données restent difficiles à vérifier de manière indépendante pour les deux camps. Par ailleurs, l’ONG Action on Armed Violence indique que l’année 2025 a été la plus meurtrière pour les populations civiles, enregistrant une hausse de 26 % des victimes, principalement en raison de frappes ciblées sur les grands centres urbains.

Malgré le blocage militaire, certains canaux diplomatiques restent actifs. Sous la médiation de la Türkiye, des négociations antérieures ont abouti à des échanges de prisonniers de guerre, ciblant notamment les jeunes recrues et les blessés graves, ainsi qu’à la restitution de 6 000 corps de soldats de part et d’autre. Plus récemment, Abou Dhabi a pris le relais en accueillant des pourparlers trilatéraux consacrés au conflit, impliquant la Russie, l’Ukraine et les États-Unis.

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