Le conflit russo-ukrainien entre dans sa cinquième année. À l’occasion de l’anniversaire de l’invasion lancée le 24 février 2022, les autorités ukrainiennes ont réaffirmé leur position face à l’offensive de Moscou, alors que les efforts diplomatiques se poursuivent dans un contexte complexe.
Dans une allocution marquant ces quatre années d’affrontements, le président Volodymyr Zelensky a souligné la résilience de son pays. Selon lui, l’Ukraine a su préserver son indépendance et son statut d’État, empêchant la Russie d’atteindre ses objectifs initiaux. Le dirigeant a affirmé sa volonté de parvenir à une paix durable, tout en précisant que tout accord devra être pleinement accepté par la population ukrainienne.
C’est sur la question des concessions que les pourparlers, amorcés en janvier sous la médiation des États-Unis, se retrouvent dans l’impasse. Moscou exige que Kiev cède le contrôle du Donbass, région industrielle de l’Est que les forces russes occupent en grande partie sans l’avoir totalement conquise. De son côté, l’Ukraine rejette catégoriquement cette exigence territoriale. Comme l’indique le média Al Jazeera, Kiev refuse de signer le moindre accord sans obtenir au préalable des garanties de sécurité strictes de la part de ses alliés, afin de prévenir toute future invasion. Un nouveau cycle de négociations pourrait se tenir à la fin de cette semaine.
Le soutien international à l’Ukraine s’est manifesté par la visite à Kiev de plusieurs hauts responsables européens, dont la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. L’Union européenne s’est engagée à débloquer un prêt de 90 milliards d’euros. Parallèlement, les dirigeants du G7 ont réitéré leur appui aux négociations de paix dirigées par le président américain Donald Trump. Une coalition de plus de trente dirigeants a également appelé la Russie à accepter un cessez-le-feu inconditionnel.
Sur le terrain, la progression militaire reste figée. La Russie contrôle actuellement 19,5 % du territoire ukrainien. D’après l’Institute for the Study of War, les forces russes n’ont capturé que 0,79 % de territoire supplémentaire au cours de l’année écoulée, transformant le conflit en une guerre d’usure concentrée sur le Donbass.
Le coût humain de cette stagnation est considérable. Les analystes estiment que le nombre de soldats tués, blessés ou portés disparus dans les deux camps pourrait atteindre les deux millions d’ici le printemps. Le Center for Strategic and International Studies (CSIS) évalue à 325 000 le nombre de militaires russes décédés entre février 2022 et décembre 2025.
Du côté de Moscou, le discours reste offensif. Lors d’une intervention télévisée, le président russe Vladimir Poutine a déclaré que l’Ukraine et ses alliés finiraient par regretter leur détermination. Les objectifs du Kremlin restent inchangés : la reconnaissance formelle de l’annexion du Donbass, ainsi que des régions de Zaporijjia et de Kherson.