Le 1er septembre 2026, Cheikh Diba, alors ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, a présenté la nouvelle politique économique et financière du Sénégal. Il a affirmé que 65 % des aides publiques à la consommation bénéficient aux 20 % des consommateurs les plus aisés.
Le gouvernement prévoit de réduire progressivement la subvention généralisée au profit d’un mécanisme ciblé sur les ménages vulnérables, les transports collectifs et d’autres secteurs essentiels. Dans une tribune publiée par Xalima, Henriette Niang Kandé s’interroge sur le délai nécessaire pour corriger une répartition jugée injuste alors que celle-ci peut être mesurée.
La question porte aussi sur l’identité statistique de ces 20 % et sur la méthode ayant conduit au chiffre de 65 %. Une étude de 2024 de la Direction générale de la planification et des politiques économiques indiquait que les 20 % les plus aisés captaient 41 % des subventions énergétiques, tandis que les 20 % suivants en recevaient 19 %. L’OCDE avait repris cette analyse et confirmé le caractère régressif du dispositif.
Ces deux données peuvent correspondre à des périodes, des catégories de consommateurs ou des méthodes différentes. La publication des données utilisées, du mode de calcul et du périmètre de l’indicateur est donc présentée comme nécessaire pour évaluer la réforme.
Les autorités connaissent depuis plusieurs années le coût élevé et le ciblage imparfait des subventions énergétiques au Sénégal. Des institutions financières internationales ont recommandé leur suppression ou leur rationalisation, avec des compensations destinées aux ménages vulnérables. La reprise des bourses familiales s’inscrit dans cette logique de compensation ciblée : après une longue attente, la Dgpsn a fixé la date de reprise du dispositif et désigné l’opérateur chargé de sa mise en œuvre.
Le Programme national de bourses de sécurité familiale, créé en 2013, ciblait d’abord 50 000 ménages avec une allocation annuelle de 100 000 FCFA versée par trimestre. Le dispositif a ensuite dépassé 300 000 bénéficiaires. L’allocation trimestrielle est passée de 25 000 à 35 000 FCFA en janvier 2023.
Au premier trimestre 2026, 355 013 ménages vulnérables ont bénéficié des bourses de sécurité familiale. Cette ampleur donne une mesure concrète de la population appelée à être protégée par le basculement vers des aides mieux ciblées. Le gouvernement a annoncé le 1er septembre 2026 le doublement de l’enveloppe, de 70 à 140 milliards de FCFA en 2027, avec un objectif de passage de 500 000 à plus d’un million de ménages bénéficiaires.
