La participation de l’État sénégalais dans le capital des Industries Chimiques du Sénégal (ICS) suscite une vive polémique depuis plusieurs semaines. Une analyse publiée par EMedia et signée Oumar Remy Touré apporte des précisions factuelles et invite à dépassionner le débat.
L’auteur rappelle que l’État détient actuellement 15 % des parts, et qu’une clause du contrat initial lui permet de monter à 30 %. Il s’apprête à exercer cette option, sans qu’il s’agisse d’un renoncement aux 100 %, contrairement à ce que relayent certains discours. Il dénonce une désinformation lorsque certains affirment que l’État aurait abandonné l’idée d’atteindre la totalité du capital.
Au-delà des pourcentages, l’analyse met en avant les expériences internationales. La Norvège, le Maroc avec l’OCP, les Émirats arabes unis et la Chine ont bâti leur puissance industrielle sur une maîtrise stratégique des ressources, combinant participation publique et ouverture aux capitaux étrangers. Pour Oumar Remy Touré, la nationalisation fait peser tous les risques sur l’État, tandis qu’une gouvernance maîtrisée protège l’emploi et ancre la valeur ajoutée localement.
Cette prise de position s’inscrit dans un contexte de réflexion plus large sur la gestion des ressources naturelles au Sénégal. En mars 2026, l’économiste Moubarack Lo exhortait déjà l’État à aller jusqu’au bout de la renégociation des contrats pétroliers et gaziers. Plus récemment, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, a évoqué l’idée d’une participation renforcée de l’État dans ICS, relançant la controverse.
Pour Oumar Remy Touré, le patriotisme économique du XXIe siècle ne doit pas opposer secteur public et privé, mais construire des partenariats équilibrés au service de l’intérêt national. Le ministre Serigne Guèye Diop avait évoqué cette piste d’une participation renforcée de l’État au capital d’ICS à la mi-juillet 2026.
