Le gouvernement sénégalais a engagé une vaste revue des contrats dans les secteurs stratégiques du pays. Face à ces audits impulsés par le Premier ministre Ousmane Sonko, les acteurs majeurs de l’industrie cimentière et minière ont décidé de réagir conjointement pour clarifier leur position et définir leurs attentes vis-à-vis des autorités.
Dans deux communiqués distincts publiés le 13 mars 2026, dont les éléments ont été relayés par le journal Le Quotidien, les géants du secteur sont sortis de leur réserve. Cette prise de parole intervient dans un contexte économique marqué par un ralentissement significatif du secteur du Bâtiment et des travaux publics (Btp) depuis près de deux ans, et fait suite aux récentes déclarations gouvernementales annonçant la reprise d’actifs et le non-renouvellement de certaines concessions minières.
Les principales cimenteries du pays — Sococim, Dangote, Ciments du Sahel et Cimaf — affirment avoir pleinement coopéré lors des audits portant sur leurs contrats. Toutefois, elles formulent une exigence précise pour la suite de la procédure : les conclusions de ces enquêtes n’étant pas encore définitivement validées, elles demandent qu’elles soient restituées dans un cadre « officiel, clair et transparent ». Selon ces entreprises, cette étape est indispensable pour garantir une appréciation objective des engagements de chaque partie, tout en évitant que la procédure administrative ne bloque les investissements en cours.
En réponse aux débats publics évoquant un éventuel manque à gagner pour l’État, les industriels précisent que les avantages fiscaux dont ils bénéficient relèvent de mécanismes incitatifs classiques. Ces dispositifs étaient prévus par les conventions et le Code minier en vigueur au moment de leur installation pour encourager l’industrialisation. À ce titre, le regroupement met en avant son impact économique, chiffrant ses investissements à plus de 600 milliards de francs CFA sur les cinq dernières années, avec à la clé la création de plus de 10 000 emplois directs et indirects.
La Chambre des mines du Sénégal (Cmds) a également pris position. Après avoir exprimé sa solidarité envers la société Grande côte opérations (Gco), récemment touchée par un incendie, ainsi qu’envers les Industries chimiques du Sénégal (Ics) et les cimenteries, l’organisation a plaidé pour une concertation étroite avec l’État. La Cmds souligne que les tensions géopolitiques mondiales et la hausse des coûts de l’énergie et du transport exigent un environnement stable pour sécuriser les emplois. Les acteurs du secteur extractif se déclarent ouverts au dialogue, tout en réclamant la visibilité nécessaire pour maintenir leur dynamique de croissance.