Lors de sa présentation du jeudi 17 septembre 2026, le ministre de l’Énergie et du Pétrole, El Hadji Abdourahmane Diouf, a défendu une hausse de l’utilisation du gaz produit au Sénégal dans les centrales électriques. Le recours au gaz local doit contribuer à réduire le coût de l’énergie et la dépendance aux combustibles importés, avec un objectif d’autosuffisance gazière fixé à 2026. À terme, cette bascule est censée générer jusqu’à 140 milliards de FCFA d’économies par an.
La déclaration de politique générale du Premier ministre Ahmadou Alhaminou Mohamed Lô fixe une cible de baisse de 30 % du prix du kilowattheure à l’horizon 2030. Elle prévoit aussi une progression de la part du gaz national dans le mix électrique et le raccordement de 6 471 localités qui ne disposent pas encore d’électricité.
Le raccordement des centrales au réseau gazier constitue un enjeu immédiat pour la production. La centrale de West African Energy au Cap des Biches, construite pour 283 milliards de FCFA, fonctionne actuellement au gasoil et attend l’arrivée du gaz naturel pour passer en cycle combiné. Elle pourra alors atteindre une capacité de 366 MW. Senelec a annoncé une mise à disposition provisoire du gaz en août, avant une alimentation définitive prévue en 2027.
Le futur réseau de transport reliera progressivement les ressources offshore aux centrales et aux pôles industriels. Évalué à 650 milliards de FCFA, il doit s’étendre sur environ 400 kilomètres. Son segment Nord, lancé avec la pose d’une première canalisation à Gandon le 10 septembre sous la présidence du ministre, couvre environ 85 kilomètres : 45 kilomètres offshore jusqu’à Léona et 40 kilomètres terrestres. Il pourra acheminer jusqu’à 300 millions de pieds cubes de gaz par jour.
La stratégie comprend également les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et un meilleur ciblage des subventions. L’aide publique doit davantage bénéficier aux ménages vulnérables, aux transports publics et à certains secteurs productifs stratégiques. Le ministre a par ailleurs indiqué que le Sénégal restait ouvert à de nouveaux partenaires internationaux, sous réserve du respect des intérêts nationaux et des exigences techniques et économiques.
La licence du projet Yakaar-Teranga a été attribuée à la compagnie publique Petrosen, selon Beninwebtv.
