Sénégal : le futur gouvernement Faye-Sonko, champ de bataille pour le contrôle du Pastef

L’annonce du futur gouvernement sénégalais, attendue dans les prochains jours, cristallise les tensions entre le président Bassirou Diomaye Faye et son prédécesseur à la Primature, Ousmane Sonko. Selon des informations rapportées par Lepays, Faye aurait pris contact directement avec certains cadres du Pastef pour les intégrer à l’équipe gouvernementale, une démarche qui relance les débats sur le contrôle du parti.

Cette initiative, perçue comme une tentative d’émancipation de l’influence de Sonko, intervient dans un contexte où les deux hommes cherchent à consolider leurs positions respectives. Faye, soucieux de gouverner sans rester dans l’ombre de Sonko, aurait besoin de relais politiques fidèles pour préparer les prochaines échéances électorales. À l’inverse, Sonko, dont la force repose sur son emprise sur le Pastef et la majorité parlementaire, voit d’un mauvais œil l’émergence de personnalités redevables au président plutôt qu’au parti.

En mai 2026, un précédent avait illustré cette rivalité latente : après son limogeage par décret, Sonko avait été élu président de l’Assemblée nationale avec 132 voix sur 133, déclarant alors que « On ne peut pas faire du PASTEF sans PASTEF ». Cette cohabitation forcée avait marqué un tournant dans les relations entre les deux figures, désormais engagées dans une lutte d’influence aux conséquences potentiellement lourdes pour le parti.

Les adversaires du Pastef observent cette fracture avec intérêt, conscients qu’un parti divisé est plus vulnérable. Le prochain gouvernement ne sera pas seulement jugé sur sa composition, mais aussi sur sa capacité à préserver l’unité d’une formation qui avait dominé la scène politique sénégalaise lors des dernières élections.

Les proches de Faye, comme Aminata Touré et Abdourahmane Diouf, ont déjà critiqué publiquement Sonko, tandis que le président tente de bâtir une coalition indépendante du Pastef. Cette stratégie, si elle affaiblit Sonko, pourrait aussi isoler Faye politiquement, comme le soulignait un éditorial du journaliste Mamadou Ndiaye en avril 2026.

Le véritable enjeu n’est pas de savoir qui placera le plus de ministres, mais si les deux hommes parviendront à éviter une neutralisation mutuelle qui affaiblirait leur camp avant 2027.

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