Comment améliorer la redistribution des revenus tirés des mines et des hydrocarbures au Sénégal ? Le Comité national de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (CN-ITIE) identifie les transferts aux collectivités territoriales comme son principal point faible, au moment où les recettes du secteur prennent une nouvelle ampleur avec le démarrage de la production pétrolière et gazière.
Les recettes extractives ont atteint 303,02 milliards de FCFA au premier semestre 2025, dont 293,24 milliards reversés au budget de l’État. Les seuls revenus pétroliers ont progressé de 74,22 % en un an, passant de 43,55 milliards de FCFA au premier semestre 2024 à 75,87 milliards un an plus tard. Cette hausse renforce l’enjeu du partage de ces ressources avec les territoires concernés.
Le Sénégal a reçu une note de 50 sur 100 concernant le transfert de ces ressources vers les communes et les conseils départementaux. Cette évaluation est la plus basse parmi les indicateurs examinés, selon Thialy Faye, président du CN-ITIE.
Les fonds concernés comprennent notamment des redevances minières. Ils doivent être versés par l’État et les compagnies minières et pétrolières. Thialy Faye estime que ces ressources ont déjà été instituées et qu’il reste à organiser leur distribution intégrale, alors que les premières retombées de l’exploitation pétrolière commencent à peser dans les finances publiques.
Pour corriger cette faiblesse, le CN-ITIE a élaboré un plan d’action. L’institution a également engagé des discussions avec les ministères concernés afin de faire avancer le dossier. L’État travaille, de son côté, à la finalisation du cadre réglementaire et législatif encadrant le transfert des fonds.
Les départements ministériels concernés se sont engagés à distribuer certaines ressources correspondant notamment aux années 2020, 2022 et 2023, a indiqué Thialy Faye dans une interview accordée à l’APS. Le président du CN-ITIE a assuré que son comité continuera de solliciter les autorités sur la redistribution des revenus du secteur extractif.
À Fatick, le CN-ITIE a déjà dressé un premier bilan des retombées financières de l’exploitation pétrolière pour 2024 avec les autorités administratives, les élus locaux et la société civile. Cette démarche illustre la nécessité de documenter les montants revenant effectivement aux territoires, au-delà des recettes enregistrées au niveau national.
Cette faiblesse contraste avec le score global de 89 points sur 100 obtenu par le Sénégal dans la mise en œuvre de la norme ITIE. Le pays a obtenu 92,5 points pour le résultat et l’impact, 87,5 points pour l’engagement des parties prenantes et 81 points pour la transparence. En mars dernier, le conseil d’administration de l’organisation internationale avait relevé la performance du pays dans la publication des données sur les revenus extractifs, mais le transfert financier vers les collectivités demeure le principal angle mort de cette gouvernance.
