Henriette Niang Kandé interpelle sur la difficulté croissante des ménages sénégalais à suivre la hausse des prix. Son témoignage s’appuie sur les dépenses quotidiennes plutôt que sur des graphiques ou des statistiques, rapporte le média lactuacho.
Oignon, viande, poisson, carburant et produits essentiels coûtent davantage, selon cette contribution. La hausse concerne aussi le lavage automobile, la livraison Tiak-Tiak, les transports et différents services de proximité.
Le consommateur se retrouve souvent contraint de payer, sans toujours comprendre ce qui justifie les tarifs. Un même produit peut, par exemple, passer de 1 000 à 1 500 francs CFA, ou être vendu 500 francs à un endroit et 750 francs quelques mètres plus loin.
La contribution attribuée à Serigne Habib Ndaw, dont la provenance est identifiée comme gmail.com, pose ainsi la question du contrôle des prix au Sénégal. Elle demande qui vérifie les tarifs, qui les explique et qui protège les acheteurs.
Des décisions officielles à mieux suivre
Le Sénégal dispose de mécanismes de régulation et d’administration des prix. En janvier 2026, le gouvernement a annoncé une baisse officielle du prix du riz brisé ordinaire à Dakar et dans l’ensemble du pays.
Le budget 2026 du ministère de l’Industrie et du Commerce prévoit aussi un programme consacré à l’accessibilité des produits et services, à la lutte contre la vie chère et à la modernisation du commerce. Les crédits de paiement prévus dépassent 33 milliards de francs CFA.
L’enjeu soulevé est celui de l’application de ces décisions dans les marchés, les boutiques, les quartiers et les services de proximité. La proposition formulée consiste à suivre quotidiennement les prix réellement pratiqués, au-delà des seules périodes de Ramadan ou des épisodes de forte contestation.
Un observatoire national du panier sénégalais
La contribution propose la création d’un observatoire national du panier sénégalais. Chaque semaine, les consommateurs pourraient connaître le prix moyen d’une vingtaine ou d’une trentaine de produits et services essentiels.
La liste évoquée comprend notamment le riz, l’huile, le sucre, l’oignon, la pomme de terre, le pain, le lait, la viande, le poisson, les légumes, le gaz et le transport.
Un outil numérique permettrait également aux citoyens de signaler un prix jugé anormalement élevé, avec sa localisation et une photographie de l’affichage. Les services compétents vérifieraient ensuite les signalements.
La chaîne des intermédiaires dans le viseur
Le commerçant ne serait pas le seul maillon à examiner. Le prix final dépend d’une chaîne comprenant le producteur, le grossiste, le transporteur, le distributeur et le détaillant.
L’analyse proposée invite à rechercher, filière par filière, l’origine des écarts. Elle cite le cas d’un produit vendu 300 francs par le producteur et payé 700 francs par le consommateur, ainsi que les coûts liés au transport, aux pertes après récolte et aux marges des intermédiaires.
Au 27 août 2026, 37,5 % de la population sénégalaise, soit 6,55 millions de personnes, vivaient sous le seuil de pauvreté fixé à 1 013 francs CFA par personne et par jour.
La dépense moyenne de consommation s’établissait à 542 706 francs CFA par personne et par an, avec 2 380 francs CFA par jour à Dakar contre 1 102 francs CFA en milieu rural.
Le programme budgétaire consacré à l’accessibilité des produits et services est doté de plus de 33 milliards de francs CFA en crédits de paiement.
