6,55 millions de Sénégalais dans la pauvreté : Le lourd constat de l’ANSD

Sénégal, 37,5 % de la population vivent sous le seuil de pauvreté. Avec un grand fossé entre Dakar et le monde rural… le lourd constat de l’ANSD. Et, presque partout dans le pays, le panier de la ménagère devient panier… percé.

Selon l’ANSD, à travers l’EHCVM 2021-2022, la dépense moyenne de consommation au Sénégal s’établit à 542 706 F CFA par personne et par an, soit 45 226 F CFA par mois ou 1 487 F CFA par jour.

Derrière cette moyenne nationale se cachent toutefois d’importantes disparités.
À Dakar urbain, la dépense atteint 2 380 F CFA par jour et par personne, contre seulement 1 102 F CFA en milieu rural.

L’ANSD fixe par ailleurs le seuil de pauvreté à 1 013 F CFA par personne et par jour. Sur la base de ce seuil, 6,55 millions de Sénégalais, soit 37,5 % de la population, vivaient sous le seuil de pauvreté au moment de l’enquête. Parmi eux, environ 975 000 personnes, soit 5,6 % de la population, étaient en situation d’extrême pauvreté.

La pauvreté demeure surtout un phénomène rural : 4,89 millions de personnes pauvres vivent en milieu rural, représentant près de 75 % de l’ensemble des personnes pauvres.

L’étude met ainsi en évidence un écart considérable entre les niveaux de consommation et les conditions de vie selon les territoires.

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Un commentaire

  1. Derrière les statistiques de l’ANSD ne se cache pas une simple réalité économique, mais un drame humain à grande échelle : 1 Sénégalais sur 3 est coincé sous le seuil de pauvreté. Sur une population de 18 millions d’habitants, plus de 6,55 millions de personnes se battent au quotidien pour survivre, incapables de subvenir dignement à leurs besoins fondamentaux.

    ​L’effondrement du pouvoir d’achat:
    ​Avec une dépense moyenne nationale dérisoire de 1 487 F CFA par jour, le quotidien de la majorité de la population s’est transformé en un arbitrage permanent entre se nourrir, se soigner ou se loger. L’expression « panier de la ménagère » ne suffit plus : il s’agit d’un panier percé, vidé par le coût de la vie. Plus inquiétant encore, 975 000 personnes basculent dans l’extrême pauvreté, plongées dans la misère absolue.

    ​L’abandon tragique du monde rural:
    ​Le fossé entre la capitale et les régions n’est plus une simple disparité, c’est une véritable fracture territoriale :

    ​Un monde rural asphyxié : La dépense quotidienne s’y effondre à 1 102 F CFA par jour. Près de 75 % des pauvres du pays y sont concentrés (4,89 millions de personnes). En zone rurale, le constat est sanglant : ce n’est plus 1 personne sur 3, mais plus d’1 personne sur 2 (53,6 %) qui vit dans l’indigence.

    ​Un modèle à deux vitesses : Alors qu’à Dakar la dépense s’élève à 2 380 F CFA par jour, les campagnes sont laissées en marge du développement, privées d’infrastructures de base, d’emplois durables et d’opportunités économiques.

    ​Ce constat met en évidence l’échec des politiques de rééquilibrage territorial et l’urgence vitale de mesures concrètes avant que cette fracture sociale ne devienne incontrôlable.

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