Alors que le groupe parlementaire Pastef a soumis une proposition de révision de la Constitution, le président du Conseil d’administration de l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD SA), Dr Abdoul Aziz Mbodji, a tenu à rappeler le rôle central du Chef de l’État dans ce processus. Dans une déclaration transmise ce week-end à la rédaction, il affirme qu’« au Sénégal, pour réviser la Constitution, il faut faire avec le Président de la République ».
Dr Mbodji explique que si l’initiative de la révision appartient concurremment au Président et aux députés, « lorsque cette initiative émane du Parlement, son effectivité demeure étroitement dépendante de la volonté présidentielle ». Il s’appuie sur l’article 103 de la Constitution, qui prévoit deux voies d’approbation : le référendum populaire ou le Congrès (Assemblée nationale et Sénat réunis) à la majorité des trois cinquièmes. Or, dans les deux cas, c’est le Président qui convoque le corps électoral ou le Congrès. « La majorité parlementaire, même qualifiée, ne peut à elle seule provoquer la réunion du Congrès », insiste-t-il.
Un dialogue institutionnel nécessaire
Pour le PCA de l’AIBD, cette architecture ne traduit pas une confiscation du pouvoir de révision, mais « consacre plutôt une logique de dialogue entre les institutions ». Il souligne que la Constitution ne peut être révisée par la seule volonté du Parlement : « Elle exige un accord entre les pouvoirs publics ou, à défaut, une rencontre directe entre le Président de la République et le peuple souverain. »
Cette mise au point, rapportée par LII Quotidien, intervient alors que le débat sur la révision constitutionnelle suscite des tensions entre l’exécutif et le législatif. Le Président Bassirou Diomaye Faye a déjà soumis un projet de réforme au Conseil constitutionnel, tandis que Pastef, majoritaire à l’Assemblée, a fait sa propre proposition. Certains y voient une tentative de court-circuiter le Chef de l’État. Dr Mbodji appelle les parties concernées au dialogue pour éviter un blocage institutionnel.
Ce débat s’inscrit dans une question récurrente : la place du Premier ministre dans l’architecture institutionnelle du Sénégal. Il est essentiel d’éviter deux écueils : envisager une révision de la Constitution pour répondre à la présence momentanée d’un acteur politique. Car l’équilibre des pouvoirs ne saurait être modifié au gré des circonstances.

