La révision de la Constitution sénégalaise obéit à une procédure rigoureuse définie par l’article 103. Selon Rts, celle-ci se déploie en deux phases. L’initiative, d’abord, est partagée : le Président de la République peut proposer une révision de sa propre initiative ; les députés peuvent déposer une proposition ; le Premier ministre doit soumettre la sienne au Chef de l’État. Ensuite, la validation comporte deux étapes : l’adoption et l’approbation.
L’adoption relève de la procédure législative ordinaire et requiert la majorité absolue des suffrages exprimés à l’Assemblée nationale. L’approbation, elle, peut emprunter deux voies : le référendum populaire ou, si le Chef de l’État le décide, un vote parlementaire à la majorité des trois cinquièmes. La Constitution précise que ces deux votes « ne sauraient être techniquement accomplis par un même vote, au même moment », marquant ainsi leur nécessaire distinction.
Dans la pratique, la voie parlementaire est devenue la règle, le référendum étant coûteux et politiquement incertain. L’actuel processus de révision, initié en juin 2026, illustre ces enjeux. Le Bureau de l’Assemblée nationale a validé le 12 juin une proposition de loi déposée par des députés. Ce texte reprend pour l’essentiel un avant-projet émanant de l’exécutif, une pratique que le constitutionnaliste Yaya Niang qualifie de « curieuse ».
« Il est curieux que l’Assemblée nationale s’empare d’un avant-projet de loi de révision de la Constitution pour en faire une proposition de loi », a déclaré l’enseignant-chercheur à l’Université Gaston Berger. Cette « proposition-projet », comme l’appellent les observateurs, brouille la frontière entre initiative parlementaire et volonté présidentielle. La Conférence des Présidents a fixé le calendrier des travaux : commission le 24 juin 2026, séance plénière le 29 juin. Le texte tient compte des observations du Conseil constitutionnel rendues le 25 mai 2026.

