Rejet de la LFR : Cheikh Omar Diallo écarte une paralysie immédiate de l’État

Lors du vote de la loi de finances rectificative (LFR) 2026 à l’Assemblée nationale, mardi 3 novembre, 109 députés se sont prononcés contre le projet, 20 l’ont soutenu et trois se sont abstenus.

Selon le juriste-politiste Cheikh Omar Diallo, cité par exclusif, le rejet de la LFR 2026 ne signifie pas que l’État se retrouve sans budget. Une loi rectificative sert à modifier des autorisations déjà adoptées : celles-ci demeurent, mais les nouvelles demandes du gouvernement ne sont pas accordées. L’article 47 de la loi organique relative aux lois de finances impose, dans certaines circonstances, la présentation d’un texte rectificatif sans en garantir l’adoption.

Cheikh Omar Diallo écarte aussi l’idée que le vote entraîne automatiquement la démission du gouvernement ou l’obligation de solliciter la confiance des députés. Une éventuelle motion de censure devrait faire l’objet d’une initiative parlementaire distincte.

Le vote s’inscrit dans un face-à-face institutionnel qui nourrit déjà les appels à la dissolution. Le maire de Ndoffane, Samba Ndiaye, a demandé au président Bassirou Diomaye Faye de mettre fin au mandat des députés, estimant qu’il fallait clarifier les rapports de force politiques. Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, avait, lui, annoncé à Fatick que l’Assemblée serait dissoute le 2 décembre, jugeant qu’elle ne pouvait plus fonctionner si des députés de la majorité rejetaient les propositions de loi du président. Il avait assuré que cela arriverait « par A ou B ».

Pour le juriste-politiste, les enjeux immédiats concernent surtout les ressources disponibles et la confiance des partenaires techniques et financiers. Les autorisations budgétaires ne suffisent pas à assurer les paiements si la trésorerie ne suit pas.

Il présente l’examen de la loi de finances initiale (LFI) 2027 comme la prochaine étape politique majeure. Le gouvernement devra chercher un accord sur ses priorités, tandis que les députés de PASTEF devront préciser les arbitrages et solutions qu’ils proposent.

Cheikh Omar Diallo estime qu’une dissolution de l’Assemblée nationale pourrait devenir probable, voire inévitable, au premier trimestre 2027.

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