PLFR 2026 : Amadou Ba conteste la sincérité du budget et demande le rejet définitif du texte

À l’Assemblée nationale, l’examen du projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026 a été marqué par une intervention du député Amadou Ba. Celui-ci met en doute la sincérité des prévisions budgétaires du gouvernement, notamment le déficit annoncé à 7,6 % du PIB. Il réclame davantage de transparence sur les dépenses publiques et les documents relatifs à la dette. Il a appelé ses collègues à voter la question préalable pour empêcher l’adoption du texte.

Le député a appelé ses collègues à voter la question préalable afin d’empêcher l’adoption du projet de loi de finances rectificative et d’éviter un nouveau renvoi du texte.

« Je demande, pour qu’il n’y ait pas de renvoi et de dilatoire, que nos collègues votent la question préalable empêchant l’adoption de cette LFR et son renvoi définitif », a-t-il

Auparavant, Amadou Ba s’est appesanti sur le débat sur le projet de loi n°40-2026 portant première loi de finances rectificative pour 2026 qui ne doit pas être réduit à une confrontation entre le gouvernement et la majorité parlementaire. C’est le message défendu par le député Amadou Ba lors de la discussion générale à l’Assemblée nationale.

Pour le parlementaire, l’enjeu central est celui de la sincérité des prévisions budgétaires. Il s’appuie notamment sur l’article 30 de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF), qui impose que les prévisions de ressources et de charges de l’État soient établies avec réalisme et prudence.

Amadou Ba s’interroge particulièrement sur l’évolution du déficit budgétaire, qui passerait de 1 245 milliards à 1 735 milliards de FCFA, soit de 5,4 % à 7,6 % du PIB.

Dans sa réponse au mémorandum de la commission des Finances et du Contrôle budgétaire, le gouvernement présente ce taux de 7,6 % comme un plafond d’autorisation et non comme une prévision d’exécution. Une distinction que le député dit prendre en compte, tout en estimant qu’elle ne suffit pas à justifier la crédibilité des dépenses inscrites.

Les investissements publics au cœur des interrogations

Le parlementaire pointe également le niveau des investissements publics, maintenu à 2 248 milliards de FCFA, dont 1 115 milliards sur ressources extérieures.

Selon les chiffres qu’il avance, seuls 471,5 milliards de FCFA avaient été décaissés à la fin du mois de septembre, soit 34,8 % du programme prévu sur ressources extérieures.

Pour Amadou Ba, la réalisation du déficit projeté supposerait alors le décaissement de 644 milliards supplémentaires entre octobre et décembre, une perspective qu’il juge « totalement irréaliste », d’autant qu’elle serait conditionnée à la conclusion d’un accord avec le Fonds monétaire international (FMI).

Il estime que, sur la base d’un niveau d’investissement comparable à celui de 2025, l’impact sur le déficit se situerait entre 700 et 800 milliards de FCFA. Il considère ainsi qu’une révision à la baisse du déficit annoncé dans le PLFR serait nécessaire.

Le député avance même qu’un déficit ramené à 6 % du PIB permettrait de préserver la trajectoire visant un plafond de 3 % en 2027.

Des documents réclamés au gouvernement

Au-delà des chiffres, Amadou Ba déplore le manque d’accès à certaines informations nécessaires au contrôle parlementaire. Il affirme que le ministère a préféré transmettre des résumés plutôt que les documents détaillés sollicités par la commission.

Parmi les pièces réclamées figurent les extractions du suivi budgétaire relatives à l’exécution des investissements, le rapport d’audit du fichier du Registre national unique (RNU), le rapport de l’Inspection générale d’État (IGE) sur la dette non financière ainsi que le rapport Forvis Mazars sur la dette publique.

Le député s’interroge également sur la pertinence de certains arbitrages budgétaires, notamment la diminution de 16 milliards de FCFA des crédits destinés aux abris provisoires et la baisse de 15 à 5 milliards de FCFA des crédits consacrés aux 25 centres de formation professionnelle.

Il pose aussi la question de la transparence autour du paiement de 300 milliards de FCFA d’arriérés, estimant qu’une telle opération ne devrait pas être approuvée sans accès au rapport de l’IGE.

Le FMI et les dépenses prioritaires

Amadou Ba tient toutefois à préciser que ses réserves ne constituent pas une remise en cause de la nécessité de parvenir à un accord avec le FMI.

Il rappelle les trois objectifs du programme envisagé, tels que présentés par la direction de la communication de l’institution le 29 octobre : rétablir la soutenabilité budgétaire, protéger les ménages vulnérables et préserver les dépenses publiques prioritaires.

« Notre position ne remet nullement en cause la nécessité de conclure un accord », précise-t-il.

Mais, selon lui, le PLFR ne permet pas de démontrer que ces trois objectifs seront effectivement atteints.

déclaré.

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