LFR 2026 : Pastef peut répondre au gouvernement par des amendements chiffrés

« Oui, mais » : c’est la voie proposée à Pastef pour répondre au rejet de la loi de finances rectificative (LFR) 2026 sans se limiter à un refus. La majorité parlementaire a fait échouer le texte en commission vendredi, mais le gouvernement ne peut faire adopter son budget sans ses voix.

La plénière du 27 octobre à 10 heures doit permettre de voir si Ousmane Sonko privilégie la négociation ou l’épreuve de force. Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo a appelé les députés à présenter des amendements écrits et précis, en s’appuyant sur l’article 82 de la Constitution. Dans son analyse, Senenews décrit cette démarche comme un moyen pour Pastef de déplacer le débat vers le contenu du budget.

Des propositions chiffrées sur les subventions, l’investissement, les dépenses sociales et l’encadrement des fonds spéciaux permettraient à la majorité de défendre des modifications concrètes. Chaque amendement adopté pourrait être présenté comme une inflexion du projet gouvernemental ; un amendement rejeté obligerait l’exécutif à expliquer son choix.

Le débat porte aussi sur les hypothèses budgétaires. Ahmadou Al Aminou Lo affirme que le budget initial reposait sur un baril à 61 dollars, alors que son cours dépasse désormais 100 dollars, et indique que 540 milliards ont déjà été mobilisés. Il a également rappelé que Sonko avait présenté la loi de finances initiale 2026 à l’Assemblée, où elle avait été largement votée. L’ancien chef du gouvernement devrait expliquer ce qui a changé depuis, notamment en matière d’énergie, de discussions avec le FMI ou de choix de l’exécutif actuel.

Al Aminou Lo a par ailleurs invité Pastef à ouvrir ses points de presse aux questions des journalistes. Sonko pourrait accepter un échange avec la presse selon un format qu’il maîtrise ou maintenir sa proposition de débat public, que le Premier ministre a renvoyée au cadre parlementaire.

Un blocage prolongé exposerait Pastef au reproche de retarder les besoins de l’État, alors que le chef de l’État a demandé un examen prioritaire du texte. Une motion de censure, évoquée à Touba, pourrait ouvrir une crise institutionnelle. Ousmane Sonko a averti que certaines baisses de subventions pourraient faire monter le prix du diesel, actuellement à 755 francs CFA le litre.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l'exprimer dans un langage respectueux.

Un commentaire

Laisser un commentaire