La LFR 2026 place l’exécutif et la majorité parlementaire sur des positions opposées. Ousmane Sonko a annoncé que les députés de Pastef ne voteraient pas le projet en l’état, malgré la demande du président de la République d’en faire un examen prioritaire.
Le désaccord porte notamment sur les orientations du texte. Le président de l’Assemblée estime qu’il s’écarte de l’Agenda national de transformation et critique la réduction des budgets sociaux et d’investissement. Il considère aussi que son adoption engagerait la responsabilité des députés. Au-delà des choix budgétaires, la controverse met en jeu la définition même du projet porté par le pouvoir. Ousseynou Diouf, membre de Kiiraay-Les Patriotes républicains, soutient que Bassirou Diomaye Faye l’incarne par sa capacité à promouvoir la paix et la cohésion, à préserver un climat social stable et à renforcer la confiance des partenaires financiers internationaux. Cette lecture oppose au reproche de Sonko sur l’orientation de la LFR une autre question politique : qui porte le projet de société ?
Selon LII Quotidien, le projet prévoit de faire passer les crédits consacrés aux subventions énergétiques de 790 à 552 milliards de FCFA, une baisse d’environ 30 %. Sonko redoute qu’elle entraîne une hausse du prix du gasoil, affiché à 755 francs CFA le litre dans l’article. Aucune hausse n’est officiellement décidée.
Le gouvernement doit également tenir compte de l’accord conclu avec le FMI le 1er septembre, après vingt-six mois de suspension du programme. Le Premier ministre Al Aminou Lô a déclaré, lors de sa déclaration de politique générale du 8 septembre, que 65 % des quelque 800 milliards de subventions aux carburants bénéficieraient aux 20 % des ménages les plus aisés. Cette estimation est rapportée par Financial Afrik.
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Le désaccord s’inscrit dans un rapport de forces tendu entre l’exécutif et la majorité parlementaire depuis le limogeage de Sonko de la Primature. Parmi les issues envisagées figurent un compromis avec des amendements ou un étalement de la réforme, un blocage prolongé susceptible de retarder l’exécution budgétaire, ou une escalade institutionnelle qui remettrait la question d’une dissolution à l’ordre du jour.
La contestation sociale s’ajoute au débat parlementaire. La CNTS et le Front syndical appellent à une grève générale de 72 heures, du 21 au 23 octobre. Ils réclament notamment le paiement d’environ 100 milliards de FCFA d’arriérés dus à l’IPRES ainsi que la baisse des prix des produits de base, de l’eau, de l’électricité et des hydrocarbures. Leur marche à Dakar a eu lieu le 20 octobre.




