Dans une analyse accordée à RFI, le maître de conférences en sciences politiques à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, Papa Fara Diallo, est revenu sur la réforme de la Constitution sénégalaise actuellement examinée par l’Assemblée nationale. Selon l’universitaire, cette réforme s’inscrit dans une nécessité profonde de transformation du système politique sénégalais.
Il estime qu’il existait jusque-là un déséquilibre institutionnel marqué en faveur de l’exécutif, caractérisé par un « hyperprésidentialisme » donnant au président de la République des pouvoirs jugés excessifs par rapport aux autres institutions.
« Oui, clairement. Il y avait besoin de réformer le système politique sénégalais en profondeur », souligne-t-il, en rappelant que ce déséquilibre a structuré la vie politique du pays depuis plusieurs décennies, notamment depuis 1962.
L’objectif principal de cette réforme, selon Papa Fara Diallo, est de parvenir à un meilleur équilibre entre les différents pouvoirs : exécutif, législatif et judiciaire. Il s’agit, d’après lui, de tempérer l’hyperprésidentialisme afin de renforcer la séparation et la complémentarité des pouvoirs au sein des institutions.
Cette réforme constitutionnelle, portée par l’Assemblée nationale, est ainsi perçue par certains analystes comme une étape importante dans l’évolution du système démocratique sénégalais, avec en toile de fond la volonté de consolider l’État de droit et de renforcer la gouvernance institutionnelle.

