Réduire les prix de denrées de première nécessité en factorisant le temps, c’est compliqué! (Dr P. A. Seck)*

Réduire les prix de denrées de première nécessité en factorisant le temps, c’est compliqué! (Dr P. A. Seck)*

La réduction des prix des denrées de première nécessité occupe un score élevé dans nos discussions. Il semble de plus en plus admis qu’un report d’échéance est pratiquement exclu.

Il nous faut recentrer le débat pour éviter des analyses hâtives et imprudentes consistant à dire: <<< c’est possible, ici et maintenant, il faut et il suffit de produire plus ce que nous consommons ».

A mon avis, il convient de retenir que dans le cadre de la résolution de cette équation, on ne peut pas ignorer la nécessité et l’urgence de concilier les intérêts des producteurs et ceux des consommateurs. Cela résulte du fait qu’il convient de s’inscrire dans une dynamique de durabilité. En clair il faut, pour nos produits de base, construire une offre stable, suffisante en quantité, satisfaisante en qualité, rémunératrice pour les producteurs et supportable par le budget des consommateurs les plus pauvres.

Au moins 10 éléments sont sur le plancher: productivité, qualité sanitaire, qualité organoleptique, qualité phytosanitaire, étalement de la production dans le temps, étalement de la production, étalement dans l’espace, résilience aux changements climatiques, gestion optimale des ressources naturelles, diversification et réduction des coûts de production à l’unité.

Je renforce mon argumentaire en convoquant les éléments suivants :

1. Nous ne sommes pas dans une économie rurale administrée mais libéralisée et cogérée; par conséquent, l’Etat est un acteur important mais il n’est pas seul sur le terrain des opérations. Son rôle est : d’une part, d’assainir l’environnement de la production et de la commercialisation; et d’autre part, de contribuer à l’avènement dune écologie de l’innovation. C’est précisément cela qu’il faut entendre par approche participative, itérative et systémique.

2. L’agriculture ne doit plus être considérée comme un secteur social, un choix par défaut, mais comme un secteur économique soumis à des obligations de résultats et générateur d’un bien-être.

3. Des exploitations familiales modernisées, bien formées, bien informées, bien soutenues en quête de performances durable et continues sont des conditions de succès. Mais celles-ci doivent développer des interactions et des interfaces avec un secteur privé qui optimise des investissements sécurisés par un cadre légal et législatif propice à l’explosion d’initiatives.

4. Le productivisme n’est pas une solution. II faut un pilotage par l’aval c’est-à-dire l’orientation de la production par le marché. En clair, l’augmentation de la production n’est pas une condition nécessaire et suffisante pour favoriser la consommation. On a noté un paradoxe dans le secteur rizicole africain: la production augmente et les importations de même.

5. Un programme d’autosuffisance rizicole doit s’adosser à un programme de diversification. Dans le cas précis du Sénégal, sans un soutien conséquent aux cultures vivrières, un succès rizicole risque d’impliquer des effets de substitution de consommation impliquant une hausse de la consommation rizicole per capita. Celle-ci, lorsqu’elle est associée à la poussée démographique, va nous éloigner du volume recherché pour être autosuffisant et on est dans un cercle vicieux de problèmes posés de façon récurrente et de solutions à revisiter.

6. Un volet important d’un programme d’autosuffisance doit être l’élévation de notre niveau de mécanisation pour augmenter notre intensité culturale.

7. La qualité organoleptique se construit au niveau de la production mais aussi dans les rizeries. Il convient alors de bien définir les itinéraires techniques et faciliter l’investissement privé dans la transformation.

8. La question de la sécurisation de l’investissement privé est à considérer et renvoie à une gouvernance foncière consensuelle, efficace et efficiente.

9. La minimisation des pertes post-récolte est une équation qui mérite une attention toute particulière.

10. Les infrastructures de base, l’électrification rurale, la numérisation, le coût de l’énergie, la restauration et l’amélioration de la fertilité des sols ainsi que la maîtrise de l’eau sont des éléments à ne pas passer en pertes et profits. Il s’agit d’intrants pour doper notre compétitivité.

11. Une recherche agricole forte est indispensable car la science, la technologie et l’innovation sont incontournables pour produire plus, récolter mieux, transformer mieux et commercialiser mieux.

12. Un conseil agricole et rural est un levier fort pour favoriser l’appropriation et l’incorporation d’innovations technologiques de rupture positive et durable.

Je suis convaincu que notre pays a un fort potentiel agricole. Toutefois, un potentiel inexploité n’est pas une richesse; c’est du bois mort. Ensemble, nous devons transformer notre agriculture, seule voie d’une maîtrise durable des prix des denrées de première nécessité.

* Par Dr Papa Abdoulaye Seck

9 COMMENTAIRES
  • Netéttou

    Il a démolit  » Manouba Diagne  » où je ne sais quoi et Ousmane sonko popopoopoo !
    Gérer une ferme et gérer l’agriculture d’un pays c’est 2 choses très différentes

    • TIGUISS

      ce Abdoulaye seck a était le plus mauvais ministre de l’agriculture du Sénégal…c’est un corrompu de premier ordre ..il essaie de se faire une publicité..mais ça ne passera pas…qu’il reste dans son coin.

      • Lol

        Fall yaw ya deugeur fitte dé , ce que le professeur Abdoulaye seck a accompli en 6 ans dans ce ministère aucun ministre le la accompli depuis l’indépendance, son travail a été reconnu partout dans le monde même honoré par la FAO .
        Tu dois être un de ces pastefiens rageux …..

      • Dossou

        Ngawma tiguiss khawma ,warnga bayi foule. Ce Abdoulaye seck est le seul africaine académicien a l’académie agricole en France ,il est au summum de son art ,il a révolutionné l’agriculture sénégalaise et est l’auteur du grand bond agricole du pays ,mais vu qu’il ne fait pas de la politique,il n’a pas duré a son poste avec les joutes électorales qui s’approchaient a l’époque

    • Arona Diagne

      Saaway nous étions là lorsque ce sieur avait les destinées du secteur. Il prônait l’autosuffisance en riz avec un objectif de 1,6 millions tonnes de paddy. L’état avait déployé des moyens avec le PRACAS, la machinisation agricole et au finish naada. Ils ont distribués les tracteurs Jonh Deer à leurs connaissances.

  • Kathiorbi

    Ce Abdoulaye seck ancien ministre de l’agriculture à certainement des problèmes internes avec sa personne. THIAGA DOU DIANGALÉ NUNIUUY SEUYÉH. Reste dans ton coin en attendant les contrôleurs, dans ce gouvernement personne ne te demande ton point de vue sinon les paysans n’ont pas été payés depuis 2 ans , non SECK tu n’est pas sérieux 🤣🤣🤣🤣🤣

  • PATRIOTE

    SONKO EST TETU , IL SAIT QU IL NE PEUT PAS DIMINUER LES PRIX DES DENREES ALIMENTAIRES MAIS IL INSISTE .

  • Samba gueye

    Une des critiques à son PRACAS était son caractére réductionniste. Il ne considérait que le riz et l’arachide pour les grandes cultures et l’oignon pour les légumes. Aujourd’hui il parle de diversification. Tout le reste de son texte est bien connu de tout spécialiste du domaine.

  • Lamine Diop

    Je me serais passé de commenter si c’était quelqu’un d’autre.
    Ancien directeur de l’ISRA, ancien ministre de l’agriculture, ancien conseiller spécial auprès du premier ministre, ancien président élu du Forum de la recherche agricole en Afrique.
    La liste est longue.
    Le gars malgré son parcours est un désastre ambulant.
    Avec tout le pedigree que l’on pensait lui connaître il a été le pire ministre de l’agriculture que le Sénégal ait connu.
    S’il y a quelqu’un qui doit aller à la retraite et se faire oublier pour toujours c’est bien lui.
    Tout est dans le contenant et rien d’autre.
    Le contenue est littéralement inexistant.
    Monsieur restez chez vous et ne venez jamais nous parler de procédé ni de procédure, ni de perspective.
    Tout dans le discours.
    Vous nous avez montré votre limite.
    Des intellectuels comme vous ont mis à genoux le Sénégal et vous pensez qu’il est impossible de développer notre pays sans vous.

    Faites nous une faveur, parlez nous de votre passage au ministère de l’agriculture sous Macky et comment vous avez failli pour que l’on en tire des leçons.
    Ceci serait bien une meilleure contribution que votre verbiage sans saveur.

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