RDC : à Mongbwalu, la peur et le déni face à l’épidémie d’Ebola

À Mongbwalu, en République démocratique du Congo (RDC), la population vit dans la peur et le déni face à l’épidémie d’Ebola. Cette cité de 130.000 habitants, située dans les collines vertes du nord-est de la RDC, est l’épicentre de la flambée épidémique. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état de 10 décès confirmés et plus de 900 cas suspects dans le pays.

Les habitants de Mongbwalu racontent leur terreur face à la maladie. « Si c’est vrai, que Dieu nous protège », déclare un habitant. Laureine Sakiya, une résidente, insiste sur la réalité de la maladie, évoquant des décès parmi ses voisins. Elle réclame des vaccins, ignorant que celui-ci n’existe pas pour le variant Bundibugyo, à l’origine de l’épidémie. La situation a été largement couverte par Boursorama, qui a souligné l’urgence de la crise sanitaire.

La réponse sanitaire peine à s’organiser dans cette région reculée et déchirée par les violences de groupes armés. Des équipes sanitaires brossent le sol et les murs avec une solution au chlore, mais les dispositifs de lavage des mains sont rudimentaires. Des ONG locales et Médecins sans frontières (MSF) sont présents pour isoler les personnes contaminées.

Florent Uzzeni, coordinateur de MSF, alerte sur la gravité de l’épidémie, soulignant que les bilans officiels sont probablement sous-évalués. Une tente d’isolement a été brûlée, révélant la méfiance d’une partie de la population. Jonathan Imbalapay, président de la société civile de Mongbwalu, explique que certains pensaient initialement à une « histoire de cercueil ».

La méfiance et le mysticisme compliquent la lutte contre l’épidémie. Des tests initiaux avaient écarté la thèse Ebola, ce qui a laissé la maladie et la psychose se propager. Adam Hussein, représentant des médecins traditionnels, appelle au respect des mesures barrières. L’Africa CDC a placé dix pays africains en alerte face à la progression d’Ebola en RDC, selon AFP.

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