Plus de 1 300 participants ont pris part, vendredi 22 mai, à une réunion virtuelle mondiale organisée avec l’OMS par le Consortium de recherche sur les filovirus, alors que l’épidémie d’Ebola liée au variant de Bundibugyo progresse dans l’est de la RDC. Cette rencontre, présentée comme une première du genre, visait à faire le point sur les connaissances disponibles et sur les outils à préparer pour la réponse sanitaire.
La priorité immédiate concerne la prise en charge des malades qui doivent être hospitalisés dans des centres de traitement Ebola en cours de mise en place dans l’est congolais. Deux pistes thérapeutiques sont regardées de près, a expliqué Julien Potet, référent vaccins chez Médecins sans frontières: des anticorps monoclonaux, dont l’un a été développé par un laboratoire américain avec des financements du gouvernement des États-Unis, et des antiviraux à spectre large comme le remdesivir, déjà homologué contre le Covid-19 et produit par Gilead. Plusieurs semaines de coordination seront encore nécessaires pour arrêter un protocole jugé rigoureux et consensuel avant le lancement d’un essai clinique, comme l’écrit l’AFP.
Sur le volet vaccinal, l’état d’avancement reste plus limité pour cette souche Bundibugyo. Cette difficulté n’est pas nouvelle: RFI Afrique rapportait le 19 mai que les autorités sanitaires congolaises faisaient déjà état de 131 morts confirmés et de 513 cas suspects, sur fond d’absence de vaccin et de traitement spécifique validé contre cette variante. Trois jours plus tôt, le foyer de l’épidémie était localisé en Ituri, dans le nord-est de la RDC, une zone frontalière de l’Ouganda et du Soudan du Sud.
La mobilisation scientifique se heurte toutefois à une autre question, soulevée par MSF: celle de l’accès réel aux futurs produits. Au-delà de l’intérêt pour la recherche, l’organisation insiste sur la nécessité de réfléchir dès maintenant à un modèle économique, afin que les traitements et les nouveaux vaccins, s’ils sont validés, puissent être disponibles en quantité suffisante et à un prix abordable.
La pression sanitaire s’étend déjà au-delà de la RDC: l’Ouganda a confirmé samedi 23 mai trois nouveaux cas, ce qui porte son total à cinq après deux premiers cas détectés six jours plus tôt, dont un décès, et le pays avait suspendu jeudi 21 mai tous les transports publics à destination de la RDC.