En Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, des décès suspects et des cas liés à Ebola poussent désormais les autorités sanitaires internationales à élever le niveau d’alerte. L’Organisation mondiale de la Santé a décidé de classer cette flambée comme une urgence de santé publique de portée internationale, c’est-à-dire un niveau d’alerte élevé à l’échelle mondiale.
La décision a été annoncée par le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Le virus en cause est le variant Bundibugyo, une forme d’Ebola contre laquelle il n’existe pas de vaccin. L’OMS a précisé sur X que la situation relevait d’une USPPI, sans atteindre le seuil d’une urgence pandémique. Ce mécanisme correspond, depuis 2024, au deuxième niveau d’alerte le plus élevé de l’institution.
L’enjeu vient aussi des limites de la riposte. Ebola est une fièvre hémorragique très contagieuse. La transmission se fait par les fluides corporels ou par contact avec le sang d’une personne infectée, vivante ou décédée. Les malades ne deviennent contagieux qu’après l’apparition des symptômes, avec une incubation pouvant aller jusqu’à 21 jours. D’après les chiffres relayés par l’AFP et repris notamment par Corsematin, l’OMS avait confirmé au 16 mai huit cas en laboratoire, ainsi que 246 cas suspects et 80 décès suspects en Ituri. Un autre cas confirmé a été signalé à Kinshasa, et un décès à Kampala, en Ouganda, concernait un voyageur récemment revenu d’Ituri.
La situation est compliquée par le terrain. Le foyer se trouve dans une zone difficile d’accès, marquée par des mouvements de population liés à l’activité minière et par des problèmes de sécurité. Peu d’échantillons ont pu être analysés, ce qui explique pourquoi une grande partie du bilan repose encore sur des suspicions. L’Africa CDC a, de son côté, fait état de 88 décès probablement dus au virus sur 336 cas suspects.
Sur place, des habitants décrivent une prise en charge insuffisante. Isaac Nyakulinda, présenté comme représentant de la société civile à Rwampara, a affirmé à l’AFP que des malades mouraient à domicile faute de lieu d’isolement. Le ministre congolais de la Santé, Samuel-Roger Kamba, a rappelé que cette souche n’a ni vaccin ni traitement spécifique, avec un taux de létalité pouvant aller jusqu’à 50%. Le premier cas suspect identifié par les autorités sanitaires est un infirmier qui s’est présenté le 24 avril dans une structure médicale de Bunia avec des symptômes compatibles avec Ebola.