La République démocratique du Congo fait face à une nouvelle poussée d’Ebola. Le dernier bilan communiqué samedi fait état de 246 cas suspects et de 80 décès probablement liés au virus. La souche identifiée est Bundibugyo, un variant pour lequel il n’existe, à ce jour, ni vaccin ni traitement spécifique.
Le foyer de l’épidémie se trouve en Ituri, dans le nord-est du pays, à la frontière avec l’Ouganda et le Soudan du Sud. Cette province connaît de nombreux déplacements de population liés à l’activité minière. Certaines zones restent aussi difficiles d’accès en raison de l’insécurité provoquée par des groupes armés.
Une souche sans vaccin et un risque de propagation
Les tests de laboratoire ont conclu à la présence de la souche Bundibugyo. Au cours d’une conférence de presse à Kinshasa, le ministre congolais de la Santé Samuel-Roger Kamba a indiqué que cette souche ne disposait ni de vaccin ni de traitement dédié. Il a également expliqué que son taux de létalité pouvait aller jusqu’à 50%, avec des premiers signes parfois limités à une simple fièvre. Boursorama a relayé des éléments rapportés par l’AFP, qui souligne aussi les difficultés de détection rapide dans ce contexte.
Le ministère congolais estime que le patient zéro serait un infirmier arrivé le 24 avril dans une structure de santé de Bunia, la capitale provinciale, avec des symptômes compatibles avec Ebola, notamment de la fièvre, des hémorragies et des vomissements. Depuis, plusieurs cas suspects ont été recensés à Bunia. Les zones de santé de Mongbwalu et Rwampara sont pour l’instant les plus touchées.
L’épidémie a aussi eu une répercussion en Ouganda voisin. Le ministère ougandais de la Santé a signalé le décès d’un Congolais de 59 ans jeudi dans un hôpital de Kampala, tout en précisant qu’aucun cas local n’avait été détecté pour le moment. Vendredi, l’Africa CDC avait déjà averti qu’un nouveau foyer était en cours en RDC et mis en garde contre un risque élevé de propagation. De son côté, l’OMS a fait savoir qu’elle préparait l’envoi depuis Kinshasa de cinq tonnes de matériel, dont des équipements de protection.
La RDC avait déjà connu une précédente épidémie entre août et décembre 2025, avec au moins 34 morts dans le centre du pays. Depuis l’identification de la maladie en 1976 au Zaïre, nom que portait alors la RDC, le pays en est à sa 17e épidémie d’Ebola.