Ebola en RDC : la souche Bundibugyo sans vaccin ni traitement

Comment contenir une épidémie d’Ebola quand la souche en circulation ne dispose, pour l’instant, ni de vaccin ni de traitement ? C’est l’enjeu soulevé après la confirmation d’une nouvelle flambée en République démocratique du Congo, dans la province de l’Ituri, avec une extension signalée en Ouganda et une vigilance renforcée au Soudan du Sud.

Plusieurs dizaines de cas ont déjà été recensés et de nombreux décès enregistrés. La RDC reste le principal foyer de cette épidémie. Dans un entretien accordé à RFI Afrique, le Dr Jean Kaseya, directeur général d’Africa CDC, a indiqué que la souche identifiée est « Bundibugyo ». Il a précisé qu’aucun vaccin ni médicament n’est actuellement disponible pour cette souche, même si des produits candidats sont en cours d’étude avec des partenaires et des industriels pharmaceutiques.

Autre point de tension : le temps écoulé entre le signalement initial et la confirmation des cas. Le 5 mai 2026, l’Organisation mondiale de la santé avait reçu une alerte sur des cas suspects et déployé une équipe sur le terrain. Les premiers prélèvements réalisés à Mungbwalu étaient revenus négatifs, avant que l’Institut national de recherche biomédicale ne confirme des cas positifs le 15 mai. Pour Jean Kaseya, tout retard dans une flambée d’Ebola reste préoccupant, mais il estime qu’il faut reconstituer toute la chronologie avant d’affirmer que ce délai a aggravé la situation.

Le patient zéro, lui, n’a pas encore été confirmé publiquement. Les enquêtes épidémiologiques se poursuivent pour retracer les premiers cas, les expositions possibles, les soins reçus, ainsi que le rôle d’éventuels déplacements ou funérailles. Africa CDC dit travailler avec les autorités pour accélérer la confirmation en laboratoire, identifier les contacts et limiter les retards opérationnels.

La situation est déjà confirmée en Ouganda, avec des cas importés depuis la RDC, dont une personne décédée. Au Soudan du Sud, les efforts portent notamment sur la surveillance, la prévention et les enterrements sûrs et dignes. Dans les prochaines 72 heures, Jean Kaseya dit redouter surtout des chaînes de transmission non détectées, des contacts non listés, des déplacements vers Bunia ou les pays voisins, ainsi que l’exposition de soignants sans protection suffisante.

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