Comment une épidémie d’Ebola a-t-elle pu circuler plusieurs semaines avant d’être confirmée en laboratoire en RDC ? L’alerte maximale a été déclenchée ce dimanche 17 mai par le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, mais les premiers cas remontent plus tôt, avec un soignant tombé malade à Bunia le 24 avril.
Le récit présenté dans l’article indique qu’un infirmier a développé de la fièvre, des vomissements et un malaise intense avant de mourir le 27 avril. Aucun signalement n’a alors été fait aux autorités sanitaires. Dans la communauté, la maladie a d’abord été interprétée comme un phénomène mystique. Comme le rapporte RFI Afrique, le corps a ensuite été ramené vers Mongwalu, à environ 80 kilomètres de Bunia, où des cérémonies funéraires ont exposé plusieurs proches. Dans une même famille de Mongwalu, 15 décès sont rapportés. Cinq personnes, revenues d’une réunion familiale à Bunia, sont mortes en deux semaines avec des symptômes similaires.
Pendant plusieurs semaines, la transmission s’est poursuivie sans contrôle. Le Dr Jean-Jacques Muyembe a résumé l’incertitude autour du bilan en expliquant que « personne n’a la maîtrise des chiffres » (Muyembe). Les 246 cas suspects et les 87 morts évoqués dans le texte sont présentés comme provisoires. Le 5 mai, une alerte relayée sur les réseaux sociaux a évoqué environ 50 morts à Mongwalu, poussant les autorités sanitaires à lancer des vérifications.
Les premiers tests effectués à Bunia avec les machines GeneXpert ont donné un résultat négatif pour la souche Zaïre. Mais l’enquête a ensuite mis en avant un problème technique: les prélèvements envoyés depuis l’Ituri étaient de mauvaise qualité, avec une chaîne du froid non respectée et des manipulations locales ayant dégradé les échantillons. Après un changement de protocole, 13 prélèvements jugés exploitables sont arrivés à Kinshasa le 14 mai. Analysés dans la nuit, ils se sont tous révélés positifs le 15 mai pour la souche Bundibugyo.
Cette souche est rare. Le texte rappelle qu’il s’agit seulement de la troisième épidémie de ce variant, après l’Ouganda en 2007 et Isiro en RDC en 2012. Les outils développés contre la souche Zaïre, notamment les vaccins et traitements, ne s’appliquent donc pas ici. Parmi les 13 cas confirmés, quatre étaient des agents de santé morts en quatre jours à l’hôpital général de référence de Mongwalu. Le texte précise aussi que Goma, ville de 1,5 million d’habitants à la frontière rwandaise, est sous contrôle de l’AFC/M23 depuis début 2025, après le retour d’une femme ayant transporté le corps de son mari depuis Bunia. Quelques jours plus tard, elle a développé des symptômes et les analyses réalisées à Goma ont confirmé Ebola Bundibugyo.