« On ne peut pas payer des agents qui ne travaillent pas » : Abdou Fouta Diakhoumpa tranche

Le débat sur les absences enregistrées dans l’administration publique au lendemain du Magal de Touba oppose deux visions : celle d’une stricte application des règles de présence au travail et celle d’une nécessaire prise en compte des réalités socioculturelles. « Les usagers ne doivent pas payer le prix des absences », le plaidoyer d’Abdou Fouta Diakhoumpa.

Pour l’inspecteur du travail à la retraite, Abdou Fouta Diakhoumpa, la décision du ministre de la Fonction publique et du Travail de demander des explications aux agents absents relève d’une obligation de responsabilité administrative.

« Le ministre a fait ce qu’il devait faire, comme tout autre responsable devait le faire », affirme-t-il. Selon lui, cette démarche devrait concerner l’ensemble de l’administration publique, notamment les ministères régaliens, les forces armées, les Affaires étrangères ou encore les structures universitaires.

Pour l’ancien inspecteur, l’État ne peut pas continuer à rémunérer des agents qui ne remplissent pas leurs obligations professionnelles. « On ne peut pas payer les gens sans qu’ils travaillent », insiste-t-il.

Réagissant à l’argument lié aux difficultés de transport au lendemain du Magal, Abdou Fouta Diakhoumpa estime que cette justification ne peut pas concerner tout le monde.

« Rien ne nous dit que ceux qui ont des véhicules particuliers ou des véhicules de service n’ont pas travaillé », soutient-il, rappelant que la circulation était relativement fluide dans plusieurs zones de Dakar.

Il reconnaît toutefois la dimension sociale et religieuse du Magal, mais rappelle que cette célébration est désormais internationale. « Les Sénégalais qui sont aux États-Unis, au Canada ou ailleurs célèbrent le Magal, mais le lendemain ils retournent au travail », souligne-t-il.

Pour lui, l’enjeu principal reste la qualité du service public. Il met en avant les conséquences des absences sur les citoyens :

« Il ne faut pas seulement penser aux travailleurs et aux fonctionnaires, il faut penser aux usagers des services publics qui viennent chercher des documents ou une assistance et qui trouvent les bureaux vides. »

L’ancien inspecteur compare également la situation avec le secteur privé, où, selon lui, une absence non autorisée peut entraîner de lourdes sanctions. « Dans une banque, une absence sans autorisation serait considérée comme une faute grave », affirme-t-il sur la Rfm.

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