Le débat sur les absences constatées dans l’administration publique au lendemain du Magal de Touba se poursuit. Si le cadre légal semble donner raison à l’application stricte des règles, les syndicats plaident pour une prise en compte du contexte social et religieux. « Privilégier la souplesse plutôt que la sanction », clame Modou Guiro.
Pour Modou Guiro, secrétaire général de la Confédération Nationale des Travailleurs du Sénégal (CNTS), le ministre de la Fonction publique et du Travail ne devrait pas s’en tenir uniquement à une lecture administrative du dossier.
« Les lois sont connues, les juristes connaissent les faits », reconnaît-il, rappelant que les jours fériés sont encadrés par la réglementation. Mais le responsable syndical estime que la réalité du terrain doit également être considérée.
A l’en croire, au lendemain du Magal, de nombreux agents pouvaient rencontrer des difficultés pratiques pour rejoindre leurs lieux de travail.
« Même si vous avez la volonté d’aller au travail, vous n’avez pas forcément les moyens, parce que les transports publics et privés sont fortement mobilisés vers Touba », explique-t-ilsur la rfm.
Modou Guiro appelle ainsi à davantage de souplesse dans l’application des mesures disciplinaires.
« Le ministre devait faire preuve de clémence et avoir une lecture de la situation », soutient-il, estimant qu’une sanction ciblant uniquement les agents de son département pourrait poser un problème d’équité si les mêmes règles ne sont pas appliquées dans tous les ministères.
Le secrétaire général de la CNTS rappelle par ailleurs que cette question n’est pas nouvelle. Il évoque les débats engagés dès les années 1980 autour de la reconnaissance du lendemain de certaines grandes fêtes religieuses, notamment en raison des contraintes liées aux déplacements et aux pratiques cultuelles.
Pour lui, la réglementation doit évoluer avec les réalités sociales. « Les juristes savent pourquoi certaines fêtes ont des aménagements. La loi existe, mais la réalité nous oblige aussi à comprendre le contexte sénégalais. »
De son côté, le ministre de la Fonction publique et du Travail, Mamadou Lamine Dianté, a tenu à clarifier ses propos. Il affirme que ses déclarations ont été déformées et assure n’avoir jamais fait référence à la communauté mouride. Il rejette les accusations selon lesquelles ses propos viseraient à stigmatiser une quelconque communauté religieuse.
