Comment la Côte d’Ivoire a-t-elle convaincu les bailleurs internationaux de s’engager quatre fois plus que prévu pour son Plan national de développement (PND) 2026-2030 ? Le ministre ivoirien du Plan, Souleymane Diarrassouba, a annoncé jeudi 9 juillet, selon une dépêche de l’AFP, que les partenaires au développement ont promis plus de 80 milliards de dollars, un chiffre également rapporté par Jeune Afrique, alors qu’Abidjan n’en sollicitait que 20 milliards.
Cette annonce est intervenue à l’issue du groupe consultatif réuni les 8 et 9 juillet au Sofitel Abidjan, sous le haut patronage du président Alassane Ouattara. Elle couronne un processus de consolidation amorcé il y a deux ans : le 24 juin, le FMI a bouclé la sixième et dernière revue du programme économique, en attribuant à la Côte d’Ivoire la mention « risque faible de surendettement ». Tous les critères quantitatifs ont été respectés et les réformes structurelles menées à bien.
Parmi les bailleurs ayant manifesté leur intérêt figurent des institutions comme la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD) et l’Union européenne. « Cela montre que tous nos indicateurs sont quasiment au vert », s’est réjoui le ministre, se fondant sur ces engagements publics massifs.
Le PND, dont le financement total est estimé à 209 milliards de dollars, inclut la modernisation de l’agriculture – qui représente 20 % du PIB –, le soutien aux champions nationaux, des infrastructures routières et même un projet de TGV. L’État ivoirien compte sur le secteur privé pour couvrir plus de 70 % de cette enveloppe, soit plus de 147 milliards de dollars.
La Côte d’Ivoire avait déjà marqué les esprits en février en levant 1,3 milliard de dollars sur les marchés internationaux à un taux très favorable. Le FMI, qui a annoncé pouvoir décaisser près de 833 millions de dollars, prévoit toutefois un ralentissement de la croissance à 6 % en 2026, contre 6,5 % en 2025, et une inflation de 3,3 % cette année.
