Environ 25 millions de mètres cubes d’eau restent inutilisés dans le barrage d’Affiniam, selon le maire de Niamone. Cette réserve, associée aux terres disponibles et à la formation agroécologique, alimente le projet de faire de l’agriculture une alternative à l’exode des jeunes.
Dans la commune du département de Bignona, le centre agroécologique de Tobor accueille des apprenants venus de Niamone et de plusieurs régions du Sénégal. Certains sont arrivés de Goudiry, selon lesoleil. Ils y apprennent la production agricole, les techniques agroécologiques, les métiers du solaire et l’aquaculture. Pour Absa Mbodj, coordonnatrice de la DyTAES, l’expérience de Tobor relève d’un véritable entrepreneuriat agricole, et pas seulement d’une agriculture de subsistance.
Le potentiel agricole de Niamone repose d’abord sur une réserve foncière que le maire Atab Badji juge plus importante que celles de Bignona et de Ziguinchor. La commune bénéficie aussi d’une position proche des marchés gambien et bissau-guinéen.
Pour l’élu, les jeunes formés à Tobor peuvent devenir des fermiers capables de vivre de leur activité. Ils disposent déjà de conditions adaptées de formation et d’hébergement, mais un accompagnement financier reste nécessaire pour leur permettre de s’installer et de réussir. À Bignona, le ministre Cheikhou Oumar Ba a annoncé un renforcement de l’accompagnement des jeunes agriculteurs, un appui qui doit faciliter le passage de la formation à l’activité.
Relier les champs au réseau d’eau
La réhabilitation du barrage d’Affiniam a renforcé les perspectives agricoles de la commune. Atab Badji affirme que Niamone, qui compte onze villages, ne rencontre pas de difficulté majeure d’accès à l’eau. Il souhaite toutefois que des travaux permettent d’acheminer cette ressource jusqu’aux parcelles.
Le maire considère que ces investissements sécuriseraient la production et amélioreraient les conditions de travail des agriculteurs. Il invite ainsi les investisseurs intéressés par l’agriculture à s’intéresser à Niamone, en mettant en avant le foncier, l’eau et l’accès aux marchés de la sous-région.
La commune cherche également à mobiliser ses associations sportives et culturelles autour de la production. Le projet « Un village, une vallée, une ASC, un champ », lancé par Atab Badji à son arrivée à la tête de la collectivité, vise à faire de ces structures un outil de mobilisation agricole.
