À Oussouye, une ferme familiale dit générer jusqu’à 40 millions de FCFA par hectare

L’agriculture familiale peut-elle réellement répondre à l’objectif de souveraineté alimentaire au Sénégal ? Dans la région de Ziguinchor, l’ANIDA met en avant plusieurs exploitations rurales pour montrer qu’un changement est déjà en cours. L’enjeu est clair : partir de petites surfaces souvent peu exploitées, puis les transformer en fermes capables de produire davantage et de faire vivre des familles.

Première étape de cette visite de terrain : la ferme familiale de Gracia Diédhiou, à Kahinda, dans la commune d’Oukout, après Oussouye sur l’axe d’Elinkine. Baptisée « Paradis terrestre », cette exploitation a été installée en 2016 avec l’accompagnement de l’ANIDA. Sur 14 hectares, quatre sont actuellement mis en valeur avec cet appui. Le site combine maraîchage, cultures associées et arboriculture. Plus de 10.000 plants y sont produits puis commercialisés, notamment des plants greffés destinés à des partenaires agricoles, a constaté APS.

Des revenus déjà visibles, mais un modèle encore à étendre

La culture la plus mise en avant reste la passiflore, cultivée avec le piment. Dans le récit livré par Nazer Diatta, époux de Gracia Diédhiou, la ferme couvre aujourd’hui les dépenses de la famille, de l’alimentation à la scolarité des enfants. Il affirme aussi que sur un hectare, le chiffre d’affaires annuel peut atteindre 30 à 40 millions de francs CFA. Les fruits, explique-t-il, sont recherchés par les hôtels de la zone touristique de Cap-Skirring. La ferme reçoit également des stagiaires et des jeunes en apprentissage, ce qui lui donne un rôle de formation au niveau local.

Cette dynamique locale contraste avec la réalité décrite par Mame Mor Guèye. Le directeur technique de l’ANIDA rappelle que beaucoup de ménages ruraux disposent seulement d’un à trois hectares et ne travaillent souvent que quelques mois par an, faute d’eau. Dans ses explications, Mame Mor Guèye défend une modernisation centrée sur des équipements précis : forage ou puits hydraulique, pompage solaire, réseaux d’irrigation et clôtures. L’objectif annoncé est de permettre une production sur douze mois et une hausse durable des revenus.

La mission s’est ensuite rendue à Kameubeul Manjacque, dans la commune d’Enampor, chez El Hadji Ibrahim Diallo. Là encore, l’ANIDA met en avant une transformation nette : un espace présenté au départ comme totalement nu accueille désormais papayers, orangers, manguiers et ananas sur plus de quatre hectares. Un puits hydraulique, un dispositif solaire, une pompe, un réseau d’irrigation et un poulailler y ont été installés. À travers ces exemples rapportés par Mame Mor Guèye et Nazer Diatta, l’agence veut soutenir une idée simple : avec un accompagnement adapté, les exploitations familiales peuvent devenir un levier de revenus, d’emplois et de développement dans les terroirs de Ziguinchor.

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