À Saint-Louis, l’alphabétisation est présentée comme un moyen de renforcer les capacités des femmes et d’améliorer leur quotidien. Le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Guirassy, a estimé qu’elle relève de la dignité sociale, de l’équité et de la justice.
« L’alphabétisation n’est ni une politique secondaire, ni une action réparatrice », a-t-il déclaré lors d’une journée nationale de mobilisation consacrée au mois national de l’alphabétisation. Pour Moustapha Guirassy, le lien entre alphabétisation et employabilité doit dépasser l’apprentissage de la lecture, de l’écriture et du calcul : les connaissances acquises doivent aussi produire des effets dans la vie quotidienne.
Le ministre a également insisté sur la promotion des langues nationales, qu’il défend comme un levier pédagogique, identitaire et historique. Il a récemment ouvert à Dakar la réunion du Comité de coordination internationale du projet École et langues nationales (ELAN), en plaidant pour leur institutionnalisation dans le système scolaire. Cette orientation vise à rapprocher les apprentissages des réalités linguistiques et sociales des élèves, mais aussi à donner aux programmes d’alphabétisation une portée plus directement utile aux populations.
Selon lui, une alphabétisation adaptée aux réalités économiques peut contribuer à l’autonomisation des femmes. La rencontre, organisée par le ministère de l’Éducation nationale avec l’inspection d’académie de Saint-Louis, s’est tenue autour du thème consacré à l’entrepreneuriat, à l’employabilité et à l’inclusion sociale et économique durable, a rapporté l’APS.
Cette ambition s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’éradication de l’analphabétisme. La Cnoa-Enf et l’Unesco ont organisé un atelier de validation d’un document destiné à préparer une stratégie nationale, avec une approche intersectorielle à mettre en œuvre d’ici 2029. Le changement d’échelle se traduit aussi dans le calendrier public : le Sénégal consacre désormais un mois à l’alphabétisation, contre une semaine auparavant.
La cérémonie a notamment réuni Fatou Diouf, adjointe au maire chargée de l’éducation, Khoudia Lèye, adjointe au gouverneur chargée du développement, et Maurice Latyr Dione, préfet du département.
Le lancement officiel du mois national de l’alphabétisation a eu lieu le 8 septembre à Pikine.
