Des éditeurs en langues nationales ont proposé, samedi à Dakar, de promouvoir l’alphabétisation pour doper l’édition sénégalaise. C’était à l’occasion d’un débat sur « l’édition en langues africaines : enjeux, défis et perspectives », organisé par l’Association culturelle pour la renaissance africaine, a rapporté l’APS.
La directrice des éditions EJO, Ndèye Codou Fall Diop, a reconnu que l’édition dans les langues sénégalaises progresse, mais qu’il est indispensable d’apprendre à lire et à écrire à un plus grand nombre de personnes. « Presque tout se fait en français » dans l’administration publique, a-t-elle observé, alors que ce n’est pas la langue de communication de nombreux Sénégalais. Selon elle, une alphabétisation massive en langues nationales est nécessaire pour accroître le lectorat et, mécaniquement, faire baisser le prix des livres.
L’éditeur et écrivain Mamadou Ndiaye a, pour sa part, lié l’usage des langues nationales à la souveraineté du pays. La présidente de l’Association des juristes sénégalaises, Aminata Fall Niang, a estimé que les textes relatifs aux droits et devoirs des citoyens doivent être traduits dans ces langues et enseignés à davantage de Sénégalais. L’écrivain Marouba Fall, qui s’est récemment mis à l’écriture du wolof, a appelé les autorités à inciter à la lecture et à l’écriture en langues nationales.
L’appel des éditeurs intervient alors que le Sénégal a déjà engagé un modèle d’enseignement bilingue, le Mohebs, et que la Gambie voisine a introduit sept langues locales dès la maternelle. L’UNESCO souligne que les enfants qui étudient dans leur langue maternelle ont 30 % de chances supplémentaires de lire avec compréhension à la fin du primaire.
