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Momar Seyni Ndiaye: « Le financement occulte… s’est renforcé sous Wade et se poursuit sous l’actuel régime… »

  • Khalil Kamara Khalil Kamara

« Le financement occulte des partis de la majorité date de la période socialiste. Il s’est renforcé et étendu sous Wade et se poursuit, malheureusement sous l’actuel régime« , selon Momar Seyni Ndiaye, interrogé par le journal le Sud Quotidien. La sortie de Mamadou Ndoye, ex-Secrétaire général de la Ligue démocratique (Ld), inquiète quant à la façon dont sont gérés les fonds politiques alloués au chef de l’Etat.

« C’est une grave perversion politique car on est en présence d’une coalition de relations tarifées, dans laquelle on neutralise la capacité de nuisance et la fronde à coups de billets de banque. Il est regrettable qu’un parti comme la Ld, qui s’est toujours présentée comme un chantre de la vertu, tombe dans de tels travers. C’est une prise illégale d’intérêts. Comment un parti qui réclamait à cor et à cri la poursuite des activités de la Crei, peut-il  justifier un tel reniement de ses principes ?« , se demande Momar Seyni Ndiaye.

Selon l’analyste politique: « Si toutes les 300 formations composant Bby reçoivent de tels subsides, il faudrait en tirer toutes les conséquences. Il faut, cependant, se garder de toute forme d’hypocrisie. Depuis l’éclatement de la crise à And Jef, les Sénégalais sont informés de ces pratiques. Voilà un sujet champêtre pour les députés de la nouvelle législature. Une enquête parlementaire ne serait pas de trop pour éclairer la lanterne des Sénégalais sur une pratique en vigueur depuis une trentaine d’années. Les révélations de Mamadou Ndoye paraissent bien tardives. Mais elles pourraient servir de déclic à des mesures de correction. »

« Comment la Ld s’est-elle retrouvée dans cet imbroglio ? La sortie de Mamadou Ndoye ne fait que révéler l’ambivalence politique et l’instabilité directionnelle et éthique de la Ld depuis le gouvernement de majorité présidentielle du Président Abdou Diouf. Partagée entre sa culture d’opposition et de contestation et la logique de partage patrimonial, la Ld a vu depuis 1993, son audience s’effriter et son attractivité politique, fondre comme beurre au soleil. Par sa participation aux gouvernements de Diouf, elle en a cautionné les dérives, avant de s’en retirer, pour mettre en selle Me Wade en 2000. Elle a, ensuite accompagné le régime Wade dans ses indicibles errements avant de croiser avec celui qui voulait faire de Abdoulaye Bathily son Premier ministre. Idrissa Seck avait contrecarré le projet« , poursuit le journaliste.

Toujours dans son analyse, M. Ndiaye de confier: « Alliés du PS, les Jallarbistes ont  pris pourtant le parti de Moustapha Niasse en 2012 dans Benno Siggil Sénégal, lors des présidentielles. Une fois dans la majorité Benno Bokk Yaakaar, la Ld n’a cessé de ronger ses freins dans une coalition où manifestement, elle se sentait mal à l’aise. Prise en tenaille entre l’obligation morale de tenir ses engagements dans la coalition, ses intérêts patrimoniaux et l’image d’opposant dont elle a du mal à se séparer, elle s’est empêtrée dans ses profondes contradictions.

Alors que certains responsables soutenaient Khalifa Sall dans son Taxawu Ndakaru, (Cheikh Guèye et Ousmane Badiane)  une autre frange (Mamadou Ndoye) visiblement mal dans sa peau, lance des pics contre le gouvernement. Quand elle est rappelée à l’ordre, elle rentre dans les rangs. Pendant ce temps, la Ministre Khoudia Mbaye devenue très Macky développe un activisme débordant pour rester dans les bonnes  grâces présidentielles. Le choix porté sur elle contre l’ex-Ministre Seydou Sy Sall avait contraint ce dernier à la démission, tout content d’être casé au Projet de Diamniadio, tout comme à l’époque Mbaye Diack avait tourné le dos à ses compagnons de 50 ans pour  un fromage auprès de Wade. »

« Mis en minorité, Mamadou Ndoye démissionne à la veille des élections et apporte son onction aux irrédentistes de Ld Debout. Sans doute victime de sa porosité aux débats démocratiques, contrairement à l’hermétisme bolchévique du Pit, la Ld est réduite à une sorte d’astre éteint qui se décompose irrémédiablement. Elle espérait trouver un dernier souffle dans un pôle de gauche éphémère. Apparemment, la logique de partage a été tronquée contre celle des principes politiques sous-tendus par la communauté de pensée et d’orientation doctrinale (le patio a été préféré au pencoo)« , regrette Momar Seyni Ndiaye.

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