L’autonomie financière des communes sénégalaises reste un casse-tête pour les élus. Un atelier de formation s’est tenu lundi dernier à Saly, avec pour ambition d’améliorer la mobilisation des ressources locales, pilier indispensable des investissements territoriaux.
Ce rendez-vous, organisé dans le cadre du Programme d’appui aux communes et agglomérations du Sénégal (Pacasen), a réuni des conseillers municipaux et des techniciens. L’objectif était clair : doter les collectivités d’outils pour accroître leurs fonds propres, trop souvent insuffisants pour boucler les budgets d’équipement.
Des communes encore trop dépendantes de l’État
Les chiffres disponibles illustrent l’ampleur du défi. D’après des données officielles rapportées en mars dernier, l’autonomie financière moyenne des 553 communes du pays ne dépasserait pas 46 %. Un indicateur qui souligne la vulnérabilité des budgets locaux, largement adossés aux transferts de l’État.
Ce constat avait déjà nourri les concertations sur l’Acte IV de la décentralisation au début de 2026. Plus de 80 % des élus locaux s’étaient alors opposés à une option radicale, craignant un affaiblissement plus grand encore de leurs marges de manœuvre. lesoleil, qui a suivi l’atelier de Saly, rappelle que la question de la viabilité financière est au cœur des préoccupations des exécutifs communaux.
L’initiative du Pacasen vient donc répondre à un besoin pressant. En formant les équipes municipales à la collecte des taxes, à la gestion des redevances ou au montage de projets, elle espère inverser la tendance.
En mai dernier, l’ancien maire de Dioudoubou, Ibrahim Djitté, spécialiste des politiques territoriales, répertoriait d’ailleurs trois obstacles majeurs à l’efficacité des collectivités : un cadre réglementaire inadapté, des compétences transférées sans ressources suffisantes et une coordination défaillante entre niveaux de gouvernance.

