Congrès de l’AAEA : La ressource inexploitée que l’ONAS compte désormais transformer en levier de richesse nationale

Le Cameroun a accueilli les acteurs majeurs du secteur de l’eau et de l’assainissement lors du 23e Congrès de l’Association africaine de l’Eau et de l’Assainissement (AAEA). Au cœur des échanges à Yaoundé, la délégation sénégalaise a présenté les nouvelles orientations stratégiques du pays. Au-delà de la simple gestion des déchets, l’Office national de l’Assainissement du Sénégal (ONAS) a détaillé une approche visant à modifier radicalement la valeur économique accordée aux résidus urbains.

Dans le cadre du lancement de l’Initiative africaine pour l’assainissement urbain, porté par la Facilité africaine de l’Eau, le Directeur général de l’ONAS, Séni Diène, a exposé l’expérience sénégalaise. Cette rencontre internationale, relayée par nos confrères de Sud Quotidien, a permis de mettre en avant la structuration progressive d’un écosystème où l’État n’est plus le seul opérateur. L’initiative vise à sécuriser l’accès aux services d’assainissement dans les villes africaines, un défi que le Sénégal tente de relever par une implication accrue du secteur privé.

Séni Diène a insisté sur l’évolution du modèle de gestion, fruit de réformes pilotées par le ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement. La délégation de la gestion des stations de boues de vidange à des opérateurs privés constitue l’un des piliers de cette transformation. Malgré des difficultés initiales reconnues par le Directeur général, cette ouverture a dynamisé le secteur. L’apport de partenaires financiers tels que la Banque nationale de Développement économique (BNDE) et la Délégation à l’Entrepreneuriat Rapide (DER) a facilité l’acquisition de camions hydrocureurs modernes, professionnalisant ainsi les interventions des acteurs privés.

L’intervention du patron de l’ONAS a surtout mis en lumière un changement de paradigme économique : le passage à l’économie circulaire. La vision défendue par les autorités actuelles ne se limite plus à l’évacuation des déchets, mais s’étend à leur valorisation. Il s’agit désormais de réutiliser les eaux usées traitées et de transformer les boues de vidange en compost. L’objectif affiché est de convertir ces sous-produits en leviers de création de richesse et d’emplois, transformant une contrainte sanitaire en opportunité économique.

Cette approche est soutenue par les experts présents, notamment le Dr Mbaye Mbéguéré de l’Agence française de développement (AFD). Intervenant lors des panels, il a souligné que l’assainissement autonome doit être considéré comme une alternative crédible au tout-à-l’égout, et non comme une solution transitoire. Il a par ailleurs insisté sur la nécessité d’accompagner cette mutation technologique par une régulation adaptée et une formation pointue des ingénieurs, afin de garantir la pérennité des investissements prévus pour la prochaine décennie.

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