Comment la justice sénégalaise entend-elle établir les responsabilités dans le marché d’électrification rurale conclu entre l’Agence sénégalaise de l’électrification rurale (ASER) et l’entreprise espagnole AEE Power EPC SAU ?
L’ouverture d’une information judiciaire sur l’électrification rurale fait suite à une plainte déposée par le député Thierno Alassane Sall. Le Parquet financier indique avoir reçu cette plainte le 16 octobre 2025. Elle portait sur des faits présumés de faux, d’usage de faux et de détournement de deniers publics.
Le 24 octobre 2025, le parquet avait demandé à la Section de recherches de Dakar de mener une enquête. À la suite des premières investigations, les éléments recueillis ont été considérés comme pouvant correspondre à des infractions pénales, selon le procureur de la République financier (exclusif).
La procédure vise certains dirigeants des sociétés concernées, les entreprises elles-mêmes en tant que personnes morales, ainsi que X. Les qualifications mentionnées comprennent notamment l’association de malfaiteurs, le détournement de deniers publics, le faux et l’usage de faux en écritures publiques et privées de commerce ou de banque.
Le blanchiment de capitaux, la corruption, la prise illégale d’intérêts et le trafic d’influence figurent également parmi les infractions retenues. Le Parquet financier précise que d’autres faits pourraient être ajoutés s’ils apparaissent au cours de l’instruction.
Le dossier intervient alors que 37 milliards de FCFA avaient été décaissés, soit environ 40 % du montant du marché. Le programme devait permettre l’électrification de 1 740 villages, mais ses résultats ont été contestés.
Pour poursuivre les recherches et retrouver toutes les personnes susceptibles d’être impliquées, une commission rogatoire internationale ainsi qu’une délégation judiciaire ont été requises.
